SENEGAL-RESSOURCES-GESTION
Tivaouane, 10 sept (APS) – Le militant de la société civile Abdoul Aziz Diop demande au gouvernement d’engager de larges concertations nationales sur la gouvernance des ressources naturelles, afin de renforcer la transparence et la confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens, à partir d’une vision partagée.
Dans un entretien avec l’APS, M. Diop a invité le chef du gouvernement à engager des assises ou de larges concertations nationales sur la gouvernance des ressources naturelles.
Ces rencontres devraient, selon lui, réunir toutes les composantes de la société, notamment les responsables politiques, les techniciens, les experts, les organisations de la société civile ainsi que les communautés locales directement affectées par les activités extractives.
“Le débat doit être citoyen”, a-t-il insisté, appelant à faire de la transparence “un principe effectif de gouvernance”.
M. Diop, qui est membre du Forum civil, considère que de telles concertations permettraient de renforcer la confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens, et de dégager une vision partagée de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des générations actuelles et futures.
Selon Abdoul Aziz Diop, le renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gouvernance des ressources naturelles passe notamment par la publication des contrats et la traçabilité des revenus issus de l’exploitation pétrolière.
M. Diop plaide pour “la publication intégrale” des termes des contrats et obligations liant l’État du Sénégal à la société Kosmos Energy, notamment ceux relatifs au projet Yaakaar Teranga et aux accords de retrait.
Il juge que le gouvernement se doit de répondre favorablement à cette demande, en vue de rester en accord avec les exigences de transparence et de redevabilité consacrées par l’article 25 de la Constitution sénégalaise.
Il s’est également interrogé sur la traçabilité des revenus tirés de l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar, démarrée en juin 2024.
Evoquant les données que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a publiées sur le secteur, il estime que les montants effectivement encaissés par l’État, notamment à travers Woodside ou PETROSEN, ne sont “pas suffisamment identifiables dans les documents publics”, notamment les rapports de l’ITIE, le budget de l’État et les rapports d’exécution budgétaire.
Selon Abdoul Aziz Diop, cette situation pose la question de la traçabilité des recettes pétrolières et de leur intégration dans les mécanismes budgétaires prévus par la législation sénégalaise.
Il rappelle, à ce propos, que le dispositif légal encadrant les revenus issus des hydrocarbures prévoit leur budgétisation avant leur affectation aux différents mécanismes, notamment le Fonds intergénérationnel et le Fonds de stabilisation.
Pour Abdoul Aziz Diop, “la transparence dans la gestion des ressources naturelles ne saurait se limiter à la publication de données générales, mais doit permettre aux citoyens de suivre l’ensemble de la chaîne, depuis la production jusqu’à l’encaissement et l’affectation des recettes”.
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