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Fatick, 25 fév (APS) – La baisse des captures de crevettes au quai de pêche de Foundiougne, dans la région de Fatick (ouest), a fortement affecté l’économie locale, contribuant à une hausse des prix de ce produit en cette période de ramadan et de carême.
Après le débarquement des pirogues, la bassine se marchande entre 35.000 et 50.000 francs CFA, selon la taille des crevettes. Plus elle est grosse, plus elle est chère.
Adama Sarr, grossiste depuis plusieurs années, contourne la difficulté en travaillant directement avec des piroguiers pour maximiser ses chances de disposer de crevettes en permanence.
“Dernièrement, la crevette se faisait rare. On a pensé au brouillard qui a eu récemment mais on se rend compte qu’elle est presque inexistante. Avec le ramadan, les pêcheurs disposent de peu de temps pour faire de bonnes captures”, explique-t-elle.
Les filets de pêche sont installés en mer vers 18 heures, période coïncidant un peu avec celle de la rupture du jeûne musulman, pas franchement un moment idéal pour travailler.
Les pêcheurs sont donc obligés de renvoyer à un peu plus tard l’installation des filets qui ne pourront être récupérés que le lendemain, à l’aube.
La crevette cuite, sous forme de beignets ou de sauce pour accompagner le pain, fait partie des plats les plus prisés au moment de la rupture du jeûne dans la plupart des familles à Foundiougne.
Elle est vendue à 2.500 au kg ou par tas de 500 francs CFA sur le marché local, en cette période de jeûne ou de carême, des prix jugés élevés par de nombreux consommateurs.
“Notre marché n’est pas assez diversifié. C’est soit la viande ou le poisson, des produits actuellement très chers. Il ne nous reste donc plus que la crevette pour varier”, lance Thérèse Diouf, ménagère.
Selon le coordonnateur des conseils locaux de pêche artisanale (CLPA), Cheikh Bakary Sarr, la rareté de la crevette au quai de pêche de Foundiougne résulte souvent d’une baisse des captures, pour l’essentiel des spécimens de très petite taille, difficiles à commercialiser.
“Dans les cas où la pêche est bonne, la ressource est convoyée sur Dakar. Là-bas, elle est venue non plus à 2.500 le kilogramme, mais à 5.000 FCFA ou plus”, dit-il.
Il s’y ajoute que les pêcheurs n’ont pas beaucoup de solutions pour conserver leurs produits, dont la crevette, l’alternative dont ils disposent étant de “les sécher alors que cette solution réduit la valeur marchande des prises”.
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