AFRIQUE-FRANCE-AFFAIRES
De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia
Nairobi, 11 mai (APS) – Le secteur privé africain doit être en première ligne, a estimé, lundi, à Nairobi, Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP) et président des Organisations patronales d’Afrique – Business Africa, invitant les dirigeants du continent à créer un environnement davantage propice au développement des affaires.
”On est là pour dire comment nous allons faire pour augmenter nos relations d’affaires avec la France. L’Afrique ne doit pas être le continent où on vient prendre ses ressources et on s’en va. L’Afrique doit être un continent où le secteur privé est en première ligne’’, a-t-il déclaré à des journalistes sénégalais au forum ‘’Inspire and connect’’, organisé dans le cadre du Sommet ‘’Africa Foward’’.
‘’Nous devons dire comment nous transformons nos ressources, comment nous investissons. Nous devons créer du travail sur le continent, créer de la valeur pour notre économie. C’est de ça qu’il s’agit”, a-t-il ajouté.
Durant le forum, M. Agne a pris la parole aux côtés du président du Medef International Afrique, Philip Labonne.
Pour le président du CNP, l’Afrique doit dire à la France et à tous les autres investisseurs étrangers, que le continent veut ”des partenariats plus justes, plus pragmatiques, apportant de la valeur sur le continent’’.
‘’L’Afrique doit porter sa voix. Le besoin de souveraineté que l’Afrique exprime n’est pas pour dire que je suis contre tel ou tel. Mais c’est de mettre nos intérêts en avant quel que soit le partenaire, France, la Chine, la Turquie’’, a-t-il déclaré, indiquant toutefois que le continent devait également mettre ses différents partenaires en concurrence..
‘’L’Afrique doit avoir son propre agenda. Elle doit raconter sa propre histoire. Dans la salle du forum, il y avait les patrons du Nigéria, Dangote et tous les autres milliardaires du Nigéria. Il y avait aussi les jeunes entrepreneurs, très talentueux, qui demandent à nos pays, à nos gouvernants de rendre notre environnement des affaires plus souple, plus stable’’, a-t-il souligné.
Baidy Agne a insisté sur l’importance de favoriser un environnement des affaires où le secteur privé est ‘’mis en avant’’. ‘’Nos gouvernements doivent faciliter le business, laisser le secteur privé travailler’’, a-t-il soutenu.
Au-delà de la France, les Africains ont leurs propres défis à relever, a-t-il estimé, soulignant la nécessité de créer les emplois nécessaires et de la valeur ajoutée, ce qui, de l’avis du président des Organisations patronales d’Afrique – Business Africa, ”ne relève de personne, mais de nous”’.
Il a invité les dirigeants du continent à mettre en œuvre la Zone de libre échange continentale (Zlecaf) qui ”dit comment nous devons échanger entre nous’’.
”En Afrique, nous n’échangeons pas suffisamment entre nous, c’est des taux de 15%. L’Europe échange à 70%. Nous devons mettre les routes nécessaires, le digital, les investissements nécessaires. C’est de notre responsabilité. Ce n’est pas la responsabilité de la France’’, a dit M. Agne.
Il a également insisté sur la sécurité des investissements sur le continent.
”Le continent africain a besoin d’investissements. Le secteur privé africain, en relation avec le privé international, français, doit mettre en place les investissements nécessaires”’, a-t-il indiqué, notant que dans le cadre de la Zlecaf, les besoins en investissement dans les infrastructures sont estimés 200 milliards de dollars et à 100 milliards pour le digital et l’énergie.
En Afrique, ”tous les secteurs sont prioritaires”, a-t-il rappelé, même s’il y a des secteurs comme le digital, avec le mobile money, où l’Afrique peut aller vite.
OID/FKS/ADL/AKS

