SENEGAL-FORETS-SITUATION
Thiès, 12 juin (APS) – Quinze pourcent de la surface initiale de forêts classées dans la région de Thiès ont été déclassés depuis 1957, a révélé le lieutenant-colonel El Hadji Malick Dione, inspecteur régional des eaux et forêts de Thiès.
“Les premières forêts classées ont été mises en place en 1933, notamment la forêt classée de Bandia et la forêt classée de Pout, et la dernière forêt classée en 1957”, a renseigné le lieutenant-colonel El Hadji Malick Dione, jeudi, lors d’une réunion du comité régional de développement consacrée à la matérialisation des limites des forêts classées de la région.
Selon le lieutenant-colonel Dione, depuis 1957, il y a eu des déclassements portant sur une superficie globale de l’ordre de “15 % de la superficie initiale classée”.
Pendant ce temps, il n’y a plus de nouveau classement dans la région de Thiès, a-t-il dit, soulignant la nécessité d’une concertation autour d’une stratégie de mise en œuvre d’une meilleure protection de ces forêts classées.
Il a aussi souligné l’importance d’impliquer l’ensemble des populations, “pour au moins amoindrir la pression qu’exercent les populations sur ces forêts, pour assurer une gestion durable de nos forêts”.
Le lieutenant-colonel Dione a précisé que le premier jet de forêts classées à délimiter inclut les forêts de Bandia, Pout, Thiès, Diass, Popenguine et une partie du périmètre de restauration, notamment les blocs 16, 17, 18 de Cayar.
Selon lui, ces six forêts classées seront bornées avec l’implication des populations riveraines.
Il relève que toutes ces forêts sont plus ou moins menacées, soulignant qu’elles font l’objet d’empiétements d’installations à usage d’habitat, d’installations humaines ou d’avancées du front agricole.
“Cela concerne pratiquement l’ensemble des forêts de la région de Thiès”, où la pression est également liée à l’exploitation minière, a déploré l’inspecteur régional des eaux et forêts de Thiès.
Compte de tenu de ces facteurs, il a préconisé une implication des acteurs, en les sensibilisant sur le fait que l’autorisation de l’exploitation est conditionnée à la réhabilitation de ces forêts.

Le gouverneur adjoint, chargé du développement, Ababacar Sadikh Niang, a rappelé, pour sa part, que les forêts classées jouent un “rôle essentiel” dans la conservation de la biodiversité, la protection des sols, la régulation du climat et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Il a indiqué que ces espaces se trouvent confrontés à de multiples pressions liées notamment à “l’urbanisation, à l’extension des activités agricoles, aux occupations irrégulières et à diverses formes d’exploitation non durable”.
“C’est pourquoi, dit-il, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction des eaux et forêts, chasses et de la conservation des sols, a engagé un important programme visant la mise à jour et la matérialisation des limites des forêts classées, afin d’améliorer leur gestion et de renforcer leur protection”.
La région de Thiès compte 12 forêts classées, pour une superficie globale de plus de 87.200 hectares, a noté, le 3 juin dernier, l’inspecteur régional des eaux et forêts de Thiès, lors d’un atelier dédié à la contribution des régions de Thiès et Diourbel à l’élaboration d’un Plan décennal de développement forestier pour la période 2026-2035,.
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