Football africain : l’UFOA A relance la Coupe Amílcar Cabral, une “alternative” au CHAN
Football africain : l’UFOA A relance la Coupe Amílcar Cabral, une “alternative” au CHAN

SENEGAL-AFRIQUE-SPORTS

Bijilo (Gambie), 8 fév (APS) – Le directeur exécutif de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOA), zone A (UFOA-A), Mapathé Gaye, a annoncé, dimanche, à Bijilo, à une dizaine de kilomètres de la capitale gambienne Banjul, la relance prochaine de la Coupe Amílcar Cabral, comme une alternative au Championnat d’Afrique des nations (CHAN), récemment supprimé.

La Coupe Amílcar Cabral est une compétition de football qui regroupait des pays de la sous-région ouest-africaine.

‎La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé, le 17 janvier dernier à Rabat, la suppression du CHAN, devenu selon elle “un gouffre financier”.

‎Cette compétition africaine, réservée aux joueurs évoluant dans leur propre pays, sera remplacée par une Ligue des nations. Celle-ci réunira les 54 pays du continent et verra le jour dès 2029.

‎La Coupe Amílcar Cabral porte le nom de l’homme politique africain Amílcar Cabral, qui mena la Guinée-Bissau et le Cap-Vert à l’indépendance.

‎La première édition a été remportée par le Sénégal en 1979 en Guinée-Bissau. Le Mali est la dernière nation à avoir gagné le tournoi, en 2007.

‎La CAF a également annoncé l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations tous les quatre ans, à partir de 2028.

‎”À notre niveau, nous avons anticipé en commençant à réfléchir à la relance de la Coupe Amílcar Cabral. Elle sera dédiée uniquement aux joueurs locaux et constituera une alternative à la suppression du CHAN”, a déclaré Mapathé Gaye.

‎Il s’exprimait lors d’un panel sur l’essor de l’industrie footballistique africaine, la jeunesse de sa population ainsi que l’intérêt et les investissements croissants des acteurs mondiaux, organisé au dernier jour de la 8ᵉ édition du congrès de l’AIPS/Afrique. Celui-ci s’est ouvert vendredi à Bijilo sous la présidence du vice-président de la Gambie, Muhammad Jallow.

‎La ministre de la Jeunesse et des Sports du Sénégal, Khady Diène Gaye, avait plaidé, lors de la cérémonie d’ouverture du congrès, pour une “organisation plus régulière et plus fréquente des compétitions sportives historiques d’Afrique de l’Ouest”, soulignant l’importance du sport comme “moteur de cohésion sociale, d’intégration régionale et de rayonnement international”.

‎Selon le directeur exécutif de l’UFOA-A, cette annonce intervient dans un contexte de profonde transformation du football africain. “Le football est devenu une grande industrie. L’Afrique n’est pas en reste, car elle dispose d’une population jeune et de talents présents partout en Europe et ailleurs”, a-t-il souligné, estimant que cette richesse humaine se reflète dans le niveau de la CAN.

‎Il a cité en exemple la dernière édition, “très relevée”, tenue au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, ainsi que la montée en compétence des staffs techniques africains.

Modèles de financement au niveau de la Zone UFOA A

‎Sur le plan économique, Mapathé Gaye a mis en avant le potentiel d’investissement du football africain, qui attire de plus en plus de partenaires. Il a rappelé que plus de 20 sponsors avaient accompagné la dernière CAN organisée au Maroc, preuve, selon lui, que l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour rester compétitive.

‎Ancien responsable du suivi des fonds FIFA Forward à la Fédération sénégalaise de football (FSF), M. Gaye a également évoqué les mécanismes de financement mis en place par les instances continentales et internationales.

‎En complément du programme FIFA Forward, la CAF a lancé le programme CAF Impact, destiné au développement des infrastructures et au fonctionnement des fédérations.

‎Après des débuts marqués par des difficultés dans la mobilisation des fonds, les fédérations africaines ont aujourd’hui acquis davantage d’expérience, permettant la rénovation de stades, de terrains et de centres techniques.

‎”D’ici 2027, le fonds passera de 400 000 dollars à un million de dollars”, a-t-il annoncé, précisant que ces ressources sont strictement contrôlées par des audits de la FIFA et de la CAF.

‎”Toute mauvaise utilisation entraîne une suspension immédiate des décaissements”, a-t-il insisté.

‎Au niveau de la zone UFOA-A, M. Gaye a indiqué que toutes les compétitions sont intégralement financées par la CAF et la FIFA, à raison de cinq compétitions par an.

‎Relancée en 2022-2023, la zone fait toutefois face à un déficit de sponsors. À ce sujet, il a lancé un appel aux médias afin de renforcer la sensibilisation autour du sport, qu’il considère comme un levier de développement pour d’autres secteurs.

‎Dans cette dynamique, “un partenariat avec l’AIPS Afrique est en cours de finalisation pour l’organisation de workshops et de formations journalistiques dans l’ensemble des pays de l’UFOA-A. Une première expérience avait déjà été menée en Guinée, avec la participation de journalistes issus de chaque fédération”.

‎SK/HK