“Fondé à l’école”, un projet généralisé dans les collèges et lycées dakarois dès la rentrée
“Fondé à l’école”, un projet généralisé dans les collèges et lycées dakarois dès la rentrée

SENEGAL-EDUCATION-NUTRITIION

Dakar, 28 juin (APS) – La mairie de Dakar prévoit de généraliser, dès la prochaine rentrée scolaire, un projet dénommé “Fondé à l’école”, consistant à distribuer de la bouillie traditionnelle à base de mil aux élèves des collèges et lycées des 19 communes d’arrondissement de la capitale, après une phase pilote jugée concluante dans trois établissements.

“Le projet ‘Fondé à l’école’ est une initiative sociale, éducative et sanitaire portée par le maire Abbas Fall. Il permet aux enfants de commencer leur journée dans de meilleures conditions d’apprentissage grâce à un petit-déjeuner équilibré servi dans les écoles”, a expliqué sa coordonnatrice, Maimouna Traoré, conseillère technique à la mairie de Dakar, dans un entretien accordé à l’APS.

Elle a indiqué que ce programme, institutionnalisé cette année par la municipalité, sera progressivement déployé dans l’ensemble des collèges et lycées relevant de la mairie de Dakar dès la rentrée scolaire 2026-2027.

“On prévoit (de l’élargir à) l’ensemble des CEM et des lycées des 19 communes d’arrondissement”, a-t-elle précisé.

Selon elle, cette initiative répond à une réalité observée dans les établissements scolaires de la capitale, où de nombreux élèves arrivent en classe sans avoir pris de petit-déjeuner.

“Certains arrivent fatigués, d’autres en retard parce qu’ils cherchent quelque chose à mettre sous la dent avant de commencer les cours. Un enfant qui a faim travaille difficilement”, a-t-elle souligné, estimant que cette situation affecte directement la concentration, la participation en classe et les performances scolaires.

Le projet vise ainsi à lutter contre les retards, l’absentéisme et les difficultés d’apprentissage liées à la faim.

“Aucun enfant à Dakar ne doit travailler le ventre vide”, a insisté Mme Traoré, rapportant une instruction du maire de Dakar, Abbas Fall.

Le choix du “fondé”, une bouillie traditionnelle préparée à base de mil, participe également à la promotion du consommer local m et au soutien des différentes composantes de la filière céréalière nationale, a-t-elle expliqué.

“Toute la chaîne de valeur est concernée, du producteur au transformateur, en passant par le transporteur et les femmes qui assurent la préparation. Rien n’est importé”, a-t-elle assuré.

Le mil, a-t-elle rappelé, est un aliment riche en vitamines, en calcium et en fer, ajoutant qu’un petit-déjeuner équilibré couvre près du quart des besoins énergétiques quotidiens d’un enfant.

Le programme est actuellement expérimenté dans trois établissements : l’école Mame Thierno Birahim Mbacké, le CEM Martin Luther King et le lycée Kennedy.

Dans le cadre des épreuves du baccalauréat, la mairie de Dakar a également étendu l’initiative à cinq centres d’examen, à savoir les lycées Lamine Guèye, Blaise Diagne, Kennedy, Sergent Malamine Camara et le lycée des Parcelles Assainies Unité 13, où les candidats recevront du fondé et de l’eau entre les différentes épreuves.

Selon Mme Traoré, les premiers résultats de la phase pilote sont encourageants.

“Les enseignants constatent une diminution des retards et des élèves plus attentifs et plus participatifs en classe. Les résultats scolaires s’en ressentent également”, a-t-elle affirmé.

La préparation de la bouillie est assurée par des femmes transformatrices, tandis que les établissements scolaires prennent en charge l’organisation de la distribution avec l’appui du gouvernement scolaire.

Les élèves participent également à l’évaluation du dispositif, en donnant leur avis sur la qualité du produit et sur son organisation, a expliqué la coordonnatrice du projet.

Il est prévu une contribution volontaire de 50 francs CFA par bénéficiaire, mais cette participation ne conditionne pas l’accès au repas.

“Qu’un enfant ait ou non les 50 francs, il prend son fondé. Cette contribution constitue un engagement et les recettes sont réinvesties dans les besoins de l’école”, a précisé Mme Traoré.

Selon elle, ces ressources permettent notamment de financer de petites dépenses de fonctionnement, comme l’achat de médicaments pour la pharmacie scolaire ou de serviettes hygiéniques destinées aux élèves.

Institutionnalisé par la mairie de Dakar et financé sur son propre budget, le projet ne bénéficie, pour l’heure, d’aucun partenaire extérieur, a-t-elle indiqué.

BAB/BK