Festival DMX : des professionnels africains évoquent les contraintes liées à la mobilité des artistes
Festival DMX : des professionnels africains évoquent les contraintes liées à la mobilité des artistes

SENEGAL-MONDE-MUSIQUE

Dakar, 27 mars (APS) – Les acteurs africains de la musique restent confrontés à des contraintes pour l’organisation de tournées en Europe et même sur le continent africain, en termes de cherté des billets d’avion ou de manque d’infrastructures, ont relevé des professionnels du secteur, jeudi, en marge du lancement officiel de la 7ème édition de Dakar music expo (DMX).

”On sait qu’en matière d’infrastructures, on n’est pas en Afrique les mieux lotis. Et même s’il y a des variations régionales, quand tu prends l’Afrique australe, je pense que la mobilité par la route est meilleure”, a déclaré l’initiateur de Dakar Music Expo (DMX), le manager sénégalais Doudou Sarr.

Plusieurs artistes et acteurs culturels venus d’Afrique et d’autres pays à travers le monde prennent part au festival DMX, un salon ou marché dédié à la musique africaine et la world music.

La septième édition de la manifestation inclut un festival avec trois soirées de concerts et des showcases.

S’exprimant dans un entretien avec l’APS, au terme d’un panel axé sur le thème ”Mobilité ou immobilisme ? Entre restrictions européennes et complexité des déplacements en Afrique”, l’initiateur du DMX a pointé de nombreuses contraintes liées à l’activité des professionnels de la musique en Afrique, notamment le manque d’infrastructures.

”Je pense qu’il est plus facile de se déplacer en Afrique australe que dans d’autres zones du continent. Pour faire par exemple Dakar-Bissau, c’est catastrophique”, déplore Doudou Sarr.

Il appelle à mener des discussions avec les compagnies aériennes pour trouver des solutions à ce problème, une manière aussi selon lui de prendre ”au sérieux” l’unité africaine tant prônée.

”Le problème de mobilité, reste réel, mais il y a moyen de trouver des solutions pour pallier à cela”, a indiqué a de son côté relevé le Burkinabé Anselme Sawadogo, initiateur du festival du Jazz à Ouagadougou,

Sawadogo évoque également des problèmes liés à l’obtention de visas pour l’Europe ou certains pays africains, une ”sérieuse question” nécessitant cependant un ”dialogue plus souple avec des autorités consulaires”.

Luc Mayitoukou, manager et entrepreneur culturel congolais basé à Dakar, évoque quant à lui des difficultés liées au coût des billets d’avion entre pays africains.

Il trouve que “c’est plus facile et plus objectif de monter une tournée en Afrique de l’Ouest ou en Afrique centrale”, mais les billets d’avion sont très chers, selon lui. 

Mayitoukou juge qu’il est plus facile pour un artiste et son staff de voyager de l’Europe vers l’Afrique plutôt que de se déplacer d’un pays à l’autre du continent africain, en raison du coût élevé du billet d’avion.

“La plupart du temps, c’est l’artiste qui part tout seul en tournée, faute de visas pour son équipe, qui essaie de créer des images, de montrer au monde ce qu’il est en train de faire etc.”, a de son côté témoigné l’artiste musicienne sénégalaise Kya Loum.

AMN/FKS/BK