FERA : le nouveau directeur général dresse un constat alarmant de l’état du réseau routier national
FERA : le nouveau directeur général dresse un constat alarmant de l’état du réseau routier national

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Dakar, 8 août (APS) – Le nouveau directeur général du Fonds d’entretien routier autonome (FERA), Cheikh Dieng, a dressé, vendredi, un diagnostic particulièrement alarmant de l’état dans lequel se trouve le patrimoine routier national et de la santé financière de l’organisme public, chargé d’entretenir de manière durable le réseau routier national.  

‘’Les chiffres révélés [par son prédécesseur à la passation de service], sur la chute du pourcentage des routes revêtues en bon état de 84 % en 2022 à seulement 78,2 % en 2025. Pour le réseau non revêtu, la situation est encore plus critique, avec plus de la moitié (51,7 %) désormais classé en mauvais état’’, a-t-il déploré, en faisant allusion à l’état actuel du patrimoine routier national.

M. Dieng s’exprimait ainsi lors de la passation de service avec son prédécesseur, Soukèye Diop Fam.

‘’Le patrimoine routier est l’un des biens collectifs les plus précieux de notre Nation. Il constitue un capital stratégique estimé à plus de 3 000 milliards FCFA’’, a rappelé le nouveau directeur général du FERA, soulignant que ce réseau de ‘’16 500 km de routes classées, 30 000 km de routes non classées et 325 km d’autoroutes assure plus de 90 % des échanges de personnes et de marchandises’’.

Au-delà de ce diagnostic sur la détérioration physique des routes, le nouveau directeur général a exposé une situation financière ‘’extrêmement lourde’’, du Fonds d’entretien routier autonome.

Sur le plan financier, il a indiqué que l’institution croule sous une dette de 30,8 milliards de FCFA enregistrée à la fin de l’année 2025.

‘’L’effondrement des recettes aggrave la situation”, a ajouté M. Dieng, précisant que ‘’seuls 44,9 % de la Taxe d’usage de la route (TUR) ont été collectés, tandis que la mobilisation financière pour le Programme spécial de désenclavement (PSD) est restée totalement nulle (0 %)’’.

Selon lui, le procès-verbal de passation de service a mis également en évidence ‘’une paralysie institutionnelle majeure’’.

‘’Les états financiers de l’exercice 2024 demeurent bloqués et en attente d’approbation, tandis qu’un défaut de paiement récurrent paralyse le remboursement de la dette liée au PSD’’, a-t-il encore relevé.

”De plus, les conventions de financement avec les collectivités territoriales sont suspendues, au moment où un conflit ouvert avec l’Agent comptable bloque l’exécution et le règlement des mandats’’, a-t-il poursuivi, tout en déclarant que ce ‘’ce bilan critique n’est pas une fatalité, mais le point de départ d’une refonte globale’’.

Selon lui, l’objectif est d’inscrire l’action du FERA dans les priorités de l’Agenda national de transformation ‘’Sénégal 2050’’, qui érige les infrastructures de transport en levier central du développement économique.

CS/AB