Felwine Sarr annonce “La Fabrique du présent”, un essai qui prolonge “Afrotopia”
Felwine Sarr annonce “La Fabrique du présent”, un essai qui prolonge “Afrotopia”

SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE-PUBLICATION

Dakar, 31 mars (APS) – L’écrivain, économiste et penseur sénégalais, Felwine Sarr, a annoncé sur sa page Facebook la parution, le 9 avril prochain, de “La Fabrique du présent” aux éditions Philippe Rey/Jimsaan, essai dans lequel il déclare poursuivre la réflexion entamée dans “Afrotopia”, paru il y a dix ans (mars 2016) chez Philippe Rey.

“L’objet de ce livre est de penser la fabrique du présent. Il est de savoir comment matérialise-t-on les utopies dans le temps présent. Comment faire advenir pour la grande majorité de ses populations, l’expérience d’une vie digne et épanouie qui actualise les potentialités sociales et culturelles dont celles-ci sont porteuses”, écrit Sarr, professeur à l’université Duke, aux Etats-Unis, après avoir enseigné pendant 13 ans à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, au Sénégal.

Il s’agissait, dans Afrotopia, de “penser comment les sociétés africaines, aux prises avec leurs défis, pouvaient-elles élargir les horizons de leurs possibles dans l’espace de la pensée, des imaginaires et du réel”, rappelle-t-il, précisant que “l’ambition (du nouvel essai) est de penser les modalités et les défis d’une fabrique du présent qui fait tourner à plein régime les forges du mieux-être collectif”.

Afrotopia est à la fois le lieu d’un diagnostic lucide et argumenté de la situation du continent africain et un manifeste dont l’objet est une invite pressante à reprendre l’initiative théorique, pour construire un projet sociétal centré sur des valeurs et réalités socioculturelles bien comprises.

Cette pensée du continent, qui doit se faire “contre la marée”, porte en elle “l’exigence d’une absolue souveraineté intellectuelle”, écrit Sarr dans “Afrotopia”, soulignant “la nécessité pour la plupart des pays africains de l’élaboration d’un projet politique, économique et social, partant de leur socioculture et émanant de leurs propres univers mythologique et vision du monde”.

“Il s’agit donc de s’extraire d’une dialectique de l’euphorie ou du désespoir et d’entreprendre un effort de réflexion critique sur soi, sur ses propres réalités et sur sa situation dans le monde : se penser, se représenter, se projeter”, explique-t-il dès les premières pages du livre publié en 2016.

Il relevait un préalable à ce travail de réflexion, à savoir “assumer le continent tel qu’il nous est donné à ce moment précis de son évolution historique et tel que des siècles de rapports de force, de dynamiques internes et externes conjuguées l’ont façonné”.

“Penser l’Afrique, poursuit Sarr, c’est cheminer dans une aube incertaine, le long d’une voie balisée où le marcheur est sommé de hâter la cadence pour rattraper le train d’un monde semble-t-il parti il y a quelques siècles. C’est débroussailler une forêt dense et touffue. C’est arpenter un sentier au cœur d’une brume ; un lieu investi de concepts, d’injonctions censées refléter les téléologies sociales, un espace saturé de sens.”

ADC/BK