SENEGAL-ECONOMOIE-PECHE-GOUVERNANCE
Dakar, 22 mai (APS) – La ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf, a apporté, vendredi devant l’Assemblée nationale, des clarifications sur la question de la délivrance des licences de pêche, assurant que les procédures engagées respectent les dispositions prévues par le Code de la pêche et ses textes d’application.
‘’D’abord, je tiens à apporter une précision : il s’agit de quatre licences et non de cinq‘’, a déclaré la ministre, en réponse aux interrogations soulevées autour de l’attribution de licences de pêche démersale côtière.
Fatou Diouf intervenait lors d’une plénière de l’Assemblée nationale consacrée aux Questions en présence du Premier ministre Ousmane Sonko.
”Plusieurs commentaires faits sur cette question reposent sur des informations inexactes”, a déclaré Fatou Diouf, affirmant que les licences concernées ont été délivrées ”conformément aux règles en vigueur”.
Elle a rappelé que le Code de la pêche et les décrets d’application encadrent strictement les conditions d’attribution des licences par le ministre chargé de la Pêche.
Fatou Diouf a également souligné que certains opérateurs disposaient déjà de plusieurs licences avant son arrivée à la tête du département ministériel.
‘’Il y a des personnes qui disposent de nombreuses licences, certaines allant jusqu’à 36 licences‘’, a-t-elle indiqué.
Le ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires a précisé qu’elle est en fonction depuis 2024 et qu’à ce jour, elle n’a signé que deux licences.
‘’Quatre dossiers ont été introduits, mais seuls deux ont été validés après vérification des formalités administratives‘’, a-t-elle expliqué.
Selon elle, la délivrance des licences doit obéir à des principes de ”transparence et de bonne gouvernance”.
Elle a par ailleurs révélé que certains opérateurs lui ont indiqué avoir effectué des paiements depuis 2020 dans le cadre de demandes restées en attente.
Abordant les orientations stratégiques du secteur, Fatou Diouf a indiqué avoir pris part, en mai 2025, à un conseil interministériel consacré à la pêche.
Elle a signalé que plusieurs axes prioritaires y ont été définis, notamment la sécurité alimentaire, la souveraineté alimentaire et la ‘’sénégalisation’’ du pavillon maritime.
‘’Nous voulons nous assurer que les activités menées dans nos eaux profitent réellement au Sénégal‘’, a-t-elle soutenu.
La ministre a également annoncé qu’une révision du Code de la pêche est en cours depuis octobre 2025, ajoutant qu’un rapport préliminaire est déjà disponible dans l’attente du document final.
Concernant les exportations, elle a expliqué que les autorités cherchent à évaluer si les volumes exportés restent compatibles avec les besoins du marché national.
Selon les données fournies par la ministre, le Sénégal a produit 421 292 tonnes de produits halieutiques en 2023, dont 259 805 tonnes exportées, soit 53,92% de la production nationale.
En 2024, la production a atteint 448 756 tonnes, avec 230 072 tonnes exportées, représentant environ 52% des volumes produits.
Fatou Diouf a rappelé que certaines entreprises bénéficient du statut d’entreprise franche d’exportation, lequel impose l’exportation d’au moins 80% de leur production.
Toutefois, elle estime que la révision du Code de la pêche devra permettre de mieux concilier les exportations et la satisfaction des besoins du marché local.
‘’Lorsqu’il y a des besoins sur le marché local, nous devons pouvoir adapter les exportations‘’, a-t-elle affirmé.
La ministre a insisté sur la nécessité de disposer de données scientifiques fiables sur l’état des ressources halieutiques avant toute décision d’exploitation.
Selon elle, le Code de la pêche prévoit une évaluation préalable des stocks par la recherche scientifique.
Elle a également évoqué des résultats de recherches faisant état d’environ 3 000 tonnes disponibles pour certaines espèces exploitées dans les eaux sénégalaises.
AUT : AN/FD/FKS/MTN


