Faouzi Laatiris, “Grand témoin” du Dak’art 2026, un artiste inclassable et incubateur de talents
Faouzi Laatiris, “Grand témoin” du Dak’art 2026, un artiste inclassable et incubateur de talents

SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE-PROFIL

Dakar, 6 oct (APS) – L’artiste marocain Faouzi Laatiris, choisi comme “Grand témoin” de la 16e édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, prévue du 19 novembre au 19 décembre 2026, est un incubateur de talents connu pour son grand souci de la transmission.

Il est la deuxième personnalité artistique choisie comme “Grand témoin” du Dak’art,  après l’icône reconnue de l’Afrofuturisme, la Kenyanne Wangechi Mutu honorée en 2024.

“Faouzi Laatiris, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup marqué dans mon parcours, il m’a beaucoup influencé lorsque je travaillais au Maroc. C’était normal que je mette à l’honneur des artistes qui ont influencé et marqué mon parcours”, a déclaré le directeur artistique du Dak’Art 2026, le Franco-Iranien Mourad Montazami, pour expliquer le choix porté sur l’artiste marocain.

Laatiris est une figure majeure de l’art contemporain et de la pédagogie artistique au Maroc. Il est surtout considéré comme un “artiste hors système”, méconnu du grand public.

Le choix du Dak’Art 2026 de faire de lui son “Grand témoin” peut aussi s’expliquer par la volonté du directeur artistique de l’évènement d’apporter “un peu [sa] touche”.

“Les gens me connaissent pour avoir travaillé avec des artistes marginaux, méconnus dans les grandes biennales, des artistes qui ne se trouvent pas forcément dans des marchés d’arts, des ventes aux enchères, entre autres”, a fait valoir Montazami, en évoquant le parcours du “Grand témoin” du Dak’Art 2026.

A l’en croire, c’est “plus excitant de travailler avec des artistes qui inventent quelque chose, en lieu et place de ceux qui sont connus du monde entier ou des grands musées”.

“Le Grand témoin Faouzi Laatiris est un artiste très particulier. Il est surtout enseignant à l’Ecole des beaux-arts de Tétouan au Maroc depuis les années 1990. C’est un vrai incubateur de talent très connu pour sa transmission”, fait-t-il savoir.

Laatiris a, selon lui, “une grande liberté” et travaille avec “un grand sens de l’humour”, en plus de faire preuve d’un sens élevé de la pédagogie.

“Il travaille beaucoup à partir de la récupération, du recyclage, mais aussi des mythes populaires. Il a élaboré l’art de l’installation”, souligne Mourad Montazami.

Selon lui, Laatiris est pratiquement le premier artiste marocain à travailler sur l’idée de l’installation, du volume, de l’installation immersive, de la mise en espace, entre autres concepts artistiques.

“C’est quelqu’un qui travaille avec plein de matériaux différents, qui crée des espaces, la dynamique spatiale, et qui travaille à partir de la récupération des matériaux, y compris de déchets, du système D […]”, précise le directeur artistique du Dak’art 2026.

Le travail de Faouzi Laatiris explore les matériaux bruts, la mémoire industrielle et les hybridations culturelles, apportant un éclairage essentiel sur les enjeux de transmission et de réparation, a-t-il fait valoir.

AMN/FKS/BK/MTN