SENEGAL-EPIDEMIE-POINT
Dakar, 25 sept (APS) – L’épidémie de diphtérie, qui sévit dans 12 des 14 régions du pays, progresse rapidement avec un taux de létalité de 10% depuis la confirmation officielle du premier cas, le 1er août dernier, par l’Institut Pasteur de Dakar, a relevé le gestionnaire incident de cette maladie au niveau du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP).
“L’épidémie progresse vite. Nous avions 76 cas et 9 décès au 13 septembre, soit 38 cas de plus en une semaine. Le taux de létalité est d’environ 10 %”, a notamment déclaré le docteur Jean-Pierre Diallo.
Il établissait ainsi, dans un entretien avec l’APS, une comparaison entre le nombre de cas retenus entre le 13 et le 21 septembre, date de publication du deuxième SITREP, le rapport de situation de la diphtérie.
D’après ce document, le Sénégal enregistre 114 cas confirmés pour 11 décès.
Selon le gestionnaire d’incident, le nombre élevé de cas s’explique en partie par des consultations tardives.
Il a aussi évoqué la situation géographique des localités les plus touchées, dans des zones rurales enclavées, frontalières et éloignées des districts de santé, ou en zone urbaine densément peuplée.
Cette situation fait que Kédougou, région frontalière de l’est du Sénégal, “reste l’épicentre de l’épidémie avec 33 cas, soit 28,9 du total national”, qui est de 114 cas au 21 septembre 2026, a par exemple précisé le docteur Jean-Pierre Diallo.
Selon lui, Guédiawaye, département densément peuplé de la région Dakar, et ses 15 cas, arrive juste derrière Louga (16 cas), confirmant ainsi l’une des causes de la maladie à savoir la promiscuité.
La diphtérie est une maladie bactérienne contagieuse, qui se transmet par la toux et les éternuements, ou par contact direct.
Elle se manifeste par un mal de gorge, de la fièvre, une difficulté à avaler, un enrouement ou un cou gonflé, parfois une gêne respiratoire, mais est évitable par la vaccination.
Si la tranche d’âge comprise entre 5 et moins de 15 ans est la plus touchée par l’épidémie de diphtérie, avec 54,4 % des cas (62 cas), c’est justement parce qu’il existe “des poches d’enfants non ou mal vaccinés, surtout dans les zones rurales et frontalières”, la bactérie continuant de circuler dans lesdites poches, a fait savoir le gestionnaire d’incident.
ABB/BK
