‘’D’importants préjudices financiers’’ relevés dans des contrats et conventions signés par l’État, selon Ousmane Sonko
‘’D’importants préjudices financiers’’ relevés dans des contrats et conventions signés par l’État, selon Ousmane Sonko

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 12 mars (APS) – Un comité constitué au sein de la Primature pour examiner et renégocier plusieurs contrats et conventions signés par le Sénégal a relevé des manquements à l’origine ‘’d’importants préjudices financiers’’ causés à l’État, a déclaré le Premier ministre, Ousmane Sonko, jeudi, à Dakar.

Les membres de ce comité ont commencé par examiner des contrats et conventions relatifs à trois secteurs prioritaires pour le gouvernement, à savoir les télécommunications, l’hydraulique et le secteur minier, a-t-il précisé lors d’un point de presse.

Ce sont des ‘’secteurs à problèmes’’, a-t-il dit en présence de plusieurs ministres, dont Déthie Fall, Mabouba Diagne, Alioune Sall et Birame Soulèye Diop.

Selon le Premier ministre, le comité réunit des fonctionnaires de plusieurs ministères. Leur mission est d’examiner les contrats et conventions signés surtout à des moments ‘’critiques’’, lors de la campagne en vue de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 par exemple, a-t-il dit, parlant de signatures faites ‘’à la va-vite’’ par les ex-dirigeants du pays.

Le gouvernement a décidé d’‘’orienter la renégociation’’ des contrats et conventions en question ‘’dans le sens de la préservation des intérêts stratégiques de l’État du Sénégal’’, a précisé Ousmane Sonko.

Un manque à gagner de 1 075 milliards de francs CFA dans le secteur minier

Il déclare que plusieurs contrats et conventions ont été signés ‘’dans une grande opacité et au détriment des intérêts du Sénégal’’.

Les conclusions du comité présentent des similitudes avec ‘’celles formulées par certains corps de contrôle, l’Inspection générale d’État notamment’’, a signalé le Premier ministre, soutenant que ‘’le Sénégal a été lésé pendant toute la durée d’exécution de ces contrats’’.

Selon lui, les membres du comité ont relevé des manques à gagner liés notamment au non-paiement de taxes et de redevances par les parties ayant contracté avec l’État.

D’après Ousmane Sonko, ils ont constaté l’octroi d’avantages fiscaux et douaniers jugés indus.

Dans le secteur minier par exemple, le préjudice est estimé à 1 075 milliards de francs CFA, a indiqué M. Sonko.

Résiliation de plusieurs contrats 

Après que le comité placé sous la tutelle du Premier ministre a relevé ces manquements, l’État a pris des mesures conservatoires, dont le blocage de comptes appartenant aux entreprises concernées et la décision de ne pas renouveler certains contrats, a-t-il signalé.

L’exploitation du projet gazier Yakaar-Teranga va redémarrer ‘’dans les prochaines semaines’’, a assuré Ousmane Sonko, soutenant que l’Etat du Sénégal ne déboursera même pas ‘’un seul franc’’. Il s’agit d’une mesure prise en guise de représailles contre une entreprise prenant part à son exploitation sur la base d’un contrat portant préjudice au Sénégal, d’après lui.

L’État a résilié plusieurs contrats signés par les ex-dirigeants du pays en vue de l’exploitation de gisements pétroliers ou gaziers situés dans les régions de Fatick (centre), Dakar, Thiès (ouest) et Saint-Louis (nord), a annoncé M. Sonko. Les contrats en question portent également préjudice au Sénégal, selon lui.

Le contrat relatif au projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, un gisement appartenant au Sénégal et à la Mauritanie, fera l’objet d’une renégociation qui devrait permettre de satisfaire les besoins du pays en combustibles et de générer 1 900 milliards de francs CFA, a-t-il déclaré.

Concernant les Industries chimiques du Sénégal, le Premier ministre a annoncé une ‘’reprise des actifs’’ du Sénégal, ce qui, selon lui, permettra au pays de décider lui-même de l’usage qu’il fera de son phosphate.

Par cette mesure, a-t-il dit, le Sénégal va utiliser les engrais produits par les ICS pour satisfaire ses propres besoins et en vendre dans des pays voisins.

‘’Nous travaillons de manière méthodique’’

Concernant l’industrie du ciment, le Sénégal a subi un préjudice estimé à 4 milliards de francs CFA, d’après Ousmane Sonko. ‘’Le Sénégal a opté pour le redimensionnement de certains blocs. Le ministère concerné travaille à leur mise en conformité avec les standards internationaux’’, a ajouté M. Sonko, concernant ce sous-secteur de l’industrie minière.

‘’Ce qui a été fait est particulièrement grave. Il faut que les responsabilités soient situées’’, a-t-il martelé, promettant de mettre à la disposition de l’Assemblée nationale les informations nécessaires, afin que des enquêtes parlementaires soient menées.

En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, la renégociation d’un contrat a permis au Sénégal d’obtenir du partenaire un engagement à construire dans le pays un institut de formation à cette technique de transformation de l’eau salée en eau douce, a affirmé Ousmane Sonko, précisant que ‘’ce n’était pas prévu dans le contrat initial’’.

Il a annoncé une prochaine rencontre avec les journalistes pour les informer des conclusions du comité relatives à la gestion des terres. Il s’agit d’‘’un exercice de transparence’’, selon lui.

L’État accorde beaucoup d’importance à l’aspect juridique de la renégociation des contrats, a souligné Ousmane Sonko, assurant que le gouvernement va éviter les contentieux longs et coûteux susceptibles d’en découler.

‘’Nous nous donnerons les moyens de répondre. Nous avons du répondant et nous travaillons de manière méthodique’’, a-t-il soutenu.

SMD/ESF