Différends frontaliers Gabon-Guinée équatoriale : un envoyé spécial de l’UA désigné pour mettre en œuvre l’arrêt de la CIJ
Différends frontaliers Gabon-Guinée équatoriale : un envoyé spécial de l’UA désigné pour mettre en œuvre l’arrêt de la CIJ

AFRIQUE-DIPLOMATIE

Dakar, 25 mars (APS) – Le diplomate burundais Albert Shingiro a été désigné mercredi envoyé spécial de l’Union africaine chargé d’accompagner les Etats du Gabon et de la Guinée Equatoriale dans la mise en œuvre d’un arrêt de la Cour internationale de justice relatif à la délimitation terrestre et maritime des frontières entre les deux pays, a annoncé l’organisation panafricaine.

“Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a nommé Albert Shingiro, ancien ministre des Affaires étrangères du Burundi, en qualité d’Envoyé spécial chargé d’accompagner la République gabonaise et la République de Guinée équatoriale dans la mise en œuvre de l’arrêt rendu par la Cour internationale de Justice le 19 mai 2025, relatif à la délimitation terrestre et maritime ainsi qu’à la souveraineté sur les îles Mbanié, Conga et Cocoteros”, indique notamment l’Union africaine.

Dans un communiqué rendu public le même jour, l’organisation panafricaine souligne que cette nomination s’inscrit dans le prolongement d’une réunion quadripartite tenue le 14 février 2026 et au cours de laquelle les deux parties ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une mise en œuvre concertée et apaisée de la décision de la Cour.

La Cour internationale de justice (CIJ), dans un arrêt rendu le 19 mai 2025, à la suite d’une saisine sur la base d’un compromis conclu entre Libreville et Malabo, a retenu comme seule référence valable la Convention franco-espagnole du 27 juin 1900 qui a défini un tracé précis entre les possessions coloniales française et espagnole.

La CIJ a fait observer qu’elle n’avait pas été saisie pour tracer une frontière ou attribuer des territoires, mais pour déterminer si les titres juridiques, traités et conventions internationales invoqués par les deux États font droit dans leurs relations.

La décision oblige ainsi les deux États à s’y conformer, notamment en ce qui concerne les îles et la frontière terrestre, sans marge de manœuvre.

Le seul champ encore ouvert restant celui de la délimitation maritime, que la CIJ renvoie explicitement à la négociation bipartite, conformément à la Convention de Montego Bay.

À travers la désignation d’un envoyé spécial, l’Union africaine réaffirme son attachement au règlement pacifique des différends et à la promotion de solutions africaines fondées sur le respect du droit international, rapporte le communiqué.

Il signale que dans le cadre de son mandat, l’Envoyé spécial conduira les consultations nécessaires avec les deux États afin de faciliter un consensus sur les modalités d’application de l’arrêt, dans le respect des principes consacrés par l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Le président de la Commission de l’UA a exprimé sa pleine confiance dans l’expérience et les compétences d’Albert Shingiro pour contribuer à une mise en œuvre harmonieuse de cet arrêt et au renforcement de la stabilité et des relations de bon voisinage entre les deux pays, rapporte le communiqué.

AKS/BK