SENEGAL-ENVIRONNEMENT
Ziguinchor, 3 juin (APS) – Les premières Journées du patrimoine agroécologique de Basse-Casamance se sont ouvertes mercredi à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), à l’initiative de la dynamique de recherche-action PRATAM, avec l’ambition de “qualifier, comprendre et pouvoir défendre le patrimoine agroécologique de Basse-Casamance”, a déclaré Bruno Turnheim, représentant du programme.
Des chercheurs, étudiants, acteurs territoriaux, associations et partenaires institutionnels prennent part à cette rencontre scientifique et culturelle de deux jours dont le but est de réfléchir sur les transformations que connaît la Basse-Casamance, un territoire caractérisé par des patrimoines agroécologiques riches, issus de la coévolution entre les communautés locales et leurs milieux naturels.
Les échanges portent notamment sur les patrimoines forestiers, agricoles, culturels et halieutiques ainsi que sur les enjeux de transmission, de gouvernance et de valorisation territoriale.
Selon Bruno Turnheim, l’agroécologie suscite un intérêt croissant depuis une quinzaine d’années, mais les initiatives mises en œuvre dans ce domaine restent souvent portées par “des projets courts” et “très éparpillés” sur le territoire.
Il a souligné l’existence, en Basse-Casamance, d’une grande diversité de pratiques fondées sur “des héritages, des valeurs et des attachements profonds au territoire”, estimant qu’il s’agit d’une forme d’agroécologie par défaut qu’il convient de soutenir, afin qu’elle puisse se maintenir et s’adapter aux mutations en cours.
Le vice-recteur de l’UASZ chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde professionnel, le professeur Diène Ngom, a magnifié cette initiative qui mobilise plusieurs composantes de l’université, notamment les départements d’agroforesterie, de géographie et de sociologie.

“Nous accueillons différents professionnels qui s’activent dans l’agroécologie”, a-t-il indiqué, rappelant que l’université a pour mission de former, de produire des connaissances et d’accompagner le développement du territoire où elle est implantée.
Pour le responsable universitaire, cette rencontre offre l’opportunité aux chercheurs de mieux s’approprier les préoccupations des populations locales, afin d’orienter leurs travaux vers des solutions concrètes.
“Notre objectif n’est pas seulement d’enseigner, il consiste aussi à faire des recherches qui, demain, pourront aider les populations locales à gérer tous les problèmes auxquels elles sont confrontées, en particulier ceux liés à l’agroécologie”, a-t-il déclaré.
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