Hommages unanimes à Halima Gadji, une actrice ”engagée et lumineuse”
Hommages unanimes à Halima Gadji, une actrice ”engagée et lumineuse”

SENEGAL-CULTURE-NECROLOGIE

Dakar, 27 jan (APS) – Des officiels, des figures emblématiques du cinéma en Afrique ainsi que de nombreux anonymes ont rendu hommage, mardi, à l’actrice sénégalaise Halima Gadji, décédée lundi à Paris, saluant la mémoire d’’’une femme engagée et lumineuse ‘’ dont la disparition, suite à un malaise, a provoqué une vive émotion dans les milieux artistique et audiovisuel, largement relayée sur les réseaux sociaux.

‎La société de production Marodi TV, avec laquelle Halima Gadji s’est révélée au grand public à travers son rôle emblématique de Marième Dial dans la série à polémique, mais à succès ”Maîtresse d’un homme marié” diffusée en 2019 a exprimé sa ”profonde émotion” face à cette disparition brutale.

‎‎”C’est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès de l’actrice Halima Gadji, connue du grand public sous le nom de Marième Dial”, a indiqué Marodi, présentant ses ”sincères condoléances à sa famille endeuillée, à ses proches, à la communauté culturelle nationale et internationale”.

‎La maison de production Evenprod Sénégal, où l’actrice incarnait le personnage de Deguène dans la série ”Bété-Bété”, en cours de diffusion sur le petit écran, a également salué la mémoire d’une collègue et d’une sœur.

‎”Figure marquante du paysage audiovisuel sénégalais, Halima Gadji laisse derrière elle une œuvre forte, un talent rare et le souvenir d’une femme engagée et lumineuse”, a souligné la société Evenprod dans un message de condoléances adressé à la famille de la défunte et à l’ensemble de la communauté cinématographique.

‎Le chanteur Youssou Ndour a, de son côté, exprimé sa tristesse, priant pour le repos de l’âme de l’actrice. ”Je prie Dieu le Tout-Puissant qu’Il t’accueille à Firdaws. Condoléances à sa famille”, a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a rendu hommage à l’actrice sénégalaise Halima Gadji, décédée dans la nuit du lundi, saluant la mémoire d’une figure majeure de l’audiovisuel sénégalais et africain.

‎Dans un communiqué parvenu à l’APS, le ministère dit avoir appris avec ”une profonde tristesse” le rappel à Dieu de l’actrice, dont le talent, la justesse du jeu et le professionnalisme ont durablement marqué les séries télévisées et les productions audiovisuelles au Sénégal et au-delà.

Une actrice ‘’souvent mal comprise’’

‎L’émotion dépasse les frontières du Sénégal, en ce sens que Halima Gadji exportera son incroyable talent artistique vers d’autres scènes africaines notamment la Côte d’Ivoire.

L’acteur et producteur gabonais Serge Abessolo, directeur général de l’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), – qui a joué le rôle principal dans le film ”Une Si longue lettre” de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang -, a rendu un hommage appuyé à celle qui fut sa partenaire dans la série ”Le Futur est à nous”, une production panafricaine de Canal + tournée en Côte d’Ivoire.

”Halima n’était pas seulement ma partenaire de jeu. Elle était une amie vraie, une âme lumineuse”, a-t-il témoigné, évoquant ”son rire, sa gaieté et cette force joyeuse qu’elle portait malgré une santé fragile”.

Le groupe Canal+ Afrique, diffuseur de plusieurs productions dans lesquelles l’actrice a joué, a salué ”son talent et sa lumière”, assurant qu’ils ”resteront à jamais dans nos mémoires”.

Le mouvement international de cinéastes indépendants, amateurs et professionnels, Kino téranga, a lui aussi salué la mémoire d’une actrice ‘’souvent mal comprise’’, ‘’une femme restée debout jusqu’au bout du plan’’.

‘’Halima est entrée dans nos vies comme un personnage fort, parfois dérangeant pour certains, souvent mal compris. A l’écran, elle occupait l’espace. Hors-champ, elle avançait avec pudeur, retenue et dignité’’, a-t-il témoigné, estimant qu’elle a été très tôt exposée aux regards et aux jugements, notamment, à travers la série ‘’Maîtresse d’un homme marié’’.

‘’Elle a longtemps été confondue avec le rôle qu’elle incarnait. Il a fallu du temps pour comprendre que ce n’était qu’un personnage et que derrière la caméra vivait une femme sensible, silencieuse, profondément humaine. (…) Elle faisait partie de ces artistes africains qui déplacent la caméra, déplacent les lignes, et ouvrent le champ des possibles. Son jeu, direct et habité, portait une vérité qui ne s’efface pas’’, lit-on sur la page Facebook du mouvement Kino téranga, qui salue ‘’une femme qui a créé, résisté, transmis.’’

La vie n’a pas été de tout repos aussi pour cette jeune artiste qui, à plusieurs reprises, a été rattrapée par des crises de dépression qui ont régulièrement perturbé sa carrière ces dernières années.

Tous les médias internationaux sont aussi revenus sur cette disparition brutale de l’actrice Hamila Gadji, passionnée de mannequinat et qui, dès l’âge de 15 ans, après avoir abandonné les études, s’est inscrite dans les castings. 

Parmi ces médias, BBC news qui, à travers un long portait de l’artiste avec les péripéties rencontrées dans sa vie, titre ”Halima Gadji : la trajectoire tragique d’une icône des écrans”. 

Très active ces dernières années sur les scènes audiovisuelles sénégalaise et africaine, Halima Gadji, actrice, mannequin et entrepreneuse, laisse le souvenir d’une artiste passionnée, dont les rôles continueront de vivre à l’écran, selon de nombreux hommages recueillis.

L’actrice est née le 25 août 1989, à Dakar, entre les quartiers de la Médina et Sacré-Coeur, d’une mère maroco-algérienne et d’un père sénégalais.

Plus tard, elle embrassera le cinéma, en faisant ses premiers pas dans d’autres séries comme “Tundu Wundu” (2015) du réalisateur sénégalais Abdou Lahat Wone qui a remporté le prix de la meilleure série la même année au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina Faso) la même année. Elle a aussi participé à la série “Sakho & Mangane” (2018-2020).

MK/FKS/HK/SMD