Des experts sous-régionaux veulent faire des zones marines protégées des moteurs de la croissance bleue
Des experts sous-régionaux veulent faire des zones marines protégées des moteurs de la croissance bleue

SENEGAL-ECONOMIE-PECHE

Dakar, 20 avr (APS) – Un atelier visant le renforcement de la capacité régionale de mise en œuvre et de gouvernance des zones marines protégées s’est ouvert lundi à Dakar, à l’intention des experts des pays membres de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP).

Le but assigné à cet atelier de trois jours est de renforcer les compétences des participants en matière de gestion des zones marines protégées (ZMP), en vue d’en faire des moteurs de la croissance bleue.

L’atelier porte accessoirement sur la gestion durable des pêches, la conservation de la biodiversité aquatique et la protection de l’environnement.

“L’enjeu de cet atelier dépasse la simple technique, il s’agit de gouvernance. Créer une zone protégée est un premier pas, la gérer de manière inclusive, efficace et durable en est un autre bien plus complexe”, a déclaré le colonel Momar Sow, directeur des Aires marines communautaires protégées du Sénégal et représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition Ecologique.

Il a fait observer que la surpêche, le changement climatique et la dégradation de la biodiversité “menacent notre équilibre fragile”.

“Face à ces défis, les zones protégées marines ne sont plus une option, mais une nécessité absolue. Durant ces jours de travaux, vous allez renforcer vos outils de gestion pour que ces zones ne soient pas de simples parcs sur papier, mais des moteurs de croissance bleue”, a souligné le colonel Sow.

Des experts sous-régionaux veulent faire des zones marines protégées des moteurs de la croissance bleue

Il a insisté sur la nécessité d’harmoniser les politiques de pêche pour “une protection cohérente” des eaux partagées, en vue de concilier “la conservation stricte” de la biodiversité avec l’exploitation durable des ressources halieutiques.

“Pour nos nations africaines, la mer n’est pas qu’une étendue d’eau, c’est le poumon de notre économie. Le garant de notre table à manger est un pilier de notre identité culturelle”, a déclaré le directeur des Aires marines communautaires protégées.

Il a rappelé que le Sénégal a déjà entamé cette marche “depuis fort longtemps”, avec la création d’un réseau de plusieurs aires marines protégées impliquant les communautés locales.

“Mais nous savons que la mer n’a pas de frontières. C’est pourquoi la coopération régionale impulsée par l’Union africaine à travers le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-IBAR) est la clé de notre succès”, a-t-il souligné.

Le colonel Momar Sow a signalé que cette rencontre survient au moment où le Sénégal est sur le point de valider sa Stratégie nationale sur les aires marines protégées (2026-2030) avec “une option forte” sur les aires marines protégées (AMP) en haute mer, les projets d’AMP transfrontaliers, sans oublier les engagements 30×30 et l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer.

L’engagement 30×30 est un objectif mondial majeur visant à protéger et conserver au moins 30%des terres, des eaux douces et des océans de la planète d’ici 2030.

Cet engagement adopté dans le cadre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, en 2022, est jugé crucial pour lutter contre la perte de biodiversité et atténuer les changements climatiques

“Force est de constater qu’aujourd’hui, malgré l’effort qui a été fourni pour la mise en place des aires marines protégées, nous sommes face à des difficultés liées à la gouvernance et à l’inclusivité des populations locales qui sont vraiment bénéficiaires de ces AMP”, a relevé Aboubacar Sidibé, chargé de l’économie bleue pour le Bureau sous-régional de l’Afrique de l’Ouest au niveau la FAO.

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M. Sidibé a fait état d’un besoin de planification lié à un manque d’autonomie financière pour assurer une gestion durable des ZMP.

“Quand vous mettez en place quelque chose dont vous voulez assurer la gestion efficace, inclusive et participative, il faut une mobilisation de tous les acteurs, mais aussi il faut s’assurer d’avoir les moyens pour gérer ces aires marine protégées”, a soutenu M. Sidibé.

MFD/BK