SENEGAL-AFRIQUE-ASSURANCE-INCLUSION
Dakar, 10 sept (APS) – Plusieurs acteurs de l’écosystème des assurances-régulateurs (assureurs, institutions de microfinance, fintechs, distributeurs, ONG, experts techniques) planchent depuis, mardi, à Dakar, sur la réglementation de la micro-assurance en zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurance) dans l’objectif de proposer une ‘’assurance inclusive et adaptée’’.
La rencontre de deux jours est co-organisée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Direction des Assurances du ministère des Finances et du Budget dans le cadre du projet Facilité de financement de l’assurance et des risques (IREF), selon un document dont l’APS a eu connaissance.
Prennent part à l’atelier des représentants de la CIMA et des Directions nationales des Assurances des pays membres, dont la Côte d’Ivoire ; des représentants des sociétés d’assurance et de réassurance ; l’Association des Courtiers d’assurance ; les Institutions de microfinance ; des Start-ups Insurtech (5); la Banque centrale ; des dirigeants de sociétés d’assurance mutuelles, coopératives et associations ; des acteurs communautaires impliqués dans la microfinance ou la santé communautaire ; des représentants d’OSC et de projets de développement ; des journalistes spécialisés en économie ; des écoles de formation.
Le communiqué rappelle que ‘’la micro-assurance joue un rôle crucial dans l’inclusion financière des populations à faibles revenus, en leur donnant accès à des mécanismes de gestion des risques adaptés à leurs réalités’’.
Il ajoute qu’en Afrique francophone, la zone CIMA a initié un processus réglementaire spécifique pour la micro-assurance en 2012.
Cependant, note-t-on dans le document, ‘’plus d’une décennie plus tard, de nombreux défis subsistent : critères de définition de la micro-assurance, lenteur dans la délivrance des agréments, complexité des exigences administratives, inadéquation avec les réalités communautaires, faible pénétration des produits, distribution, innovation des produits et adaptation aux spécificités locales’’.
Au Sénégal, toujours, selon la même source, ‘’seulement 6 compagnies sur 29 proposent des produits de micro-assurance’’’.
Elle rappelle que l’une des recommandations de l’étude diagnostique du projet de Facilité de financement de l’assurance et des risques (IREF) sur l’assurance inclusive et le financement des risques était : ‘’soutenir la modification de l’environnement réglementaire de la micro-assurance, en collaboration avec la CIMA’’.
Un chiffre d’affaires de 290 milliards en 2024
Cette recommandation, qui a été intégrée au Plan de travail annuel, visait à soutenir la Direction des Assurances dans la révision et le renforcement du cadre réglementaire de la CIMA pour la micro-assurance afin de ‘’faire des propositions pour un cadre plus favorable et propice au développement d’un marché de la micro-assurance/assurance inclusive’’.
Selon le communiqué, la réforme de la régulation était une demande de l’écosystème de l’assurance afin de ‘’permettre aux assureurs traditionnels d’obtenir plus facilement l’agrément de micro-assurance, et notamment de proposer des produits sur plusieurs branches d’assurance ; simplifier la réglementation CIMA pour l’approbation des produits de micro-assurance ; faciliter la collecte des primes’’.
Le texte signale, qu’au Sénégal, la majorité des primes de micro-assurance couvrent des produits d’assurance non-vie, l’assurance agricole représentant 95 % de l’échantillon, couvrant 71 % des assurés ; suivie par l’assurance-vie crédit et la protection des prêts (5 % des primes collectées dans l’échantillon).
En dépit des limites, le marché sénégalais de l’assurance a poursuivi sa dynamique de croissance de son chiffre d’affaires, qui est passé de 249 milliards de francs CFA en 2022 à 274 milliards en 2023, puis à 290 milliards en 2024, soit une augmentation moyenne de 10,13 % en trois ans, souligne le communiqué.
Il ajoute que compte tenu de ces limites, une réforme du cadre réglementaire est actuellement en discussion au sein des instances de la CIMA, d’où la co-organisation de cet atelier pour ‘’mobiliser les acteurs du domaine, identifier les obstacles actuels et formuler des recommandations concrètes pour une réglementation plus inclusive, accessible et adaptée’’.
La rencontre s’inscrit dans une volonté de réunir les acteurs clés de l’écosystème (régulateurs, assureurs, institutions de microfinance, fintechs, distributeurs, ONG, experts techniques, etc.) pour ‘’réfléchir aux améliorations possibles de la réglementation actuelle et encourager des solutions innovantes (…)’’.
OID/AB

