SENEGAL-TIC-REGULATION
Dakar, 5 fév (APS) – Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a assuré, jeudi à Dakar, que le déploiement au Sénégal de l’opérateur d’accès internet par satellite Starlink a respecté toutes les règles édictées par le Code des télécommunications.
“Les règles ont été suivies, que ça soit avec Starlink ou d’autres canaux, avec les différentes parties prenantes”, dans le respect des règles d’attribution “telles que l’édicte le Code des télécommunications”, a-t-il dit.
Il intervenait, par téléphone, au cours d’un panel intitulé ”Infrastructures numériques et connectivité universelle : enjeux, modèles et perspectives”, une rencontre organisée par le cabinet d’audit KPMG, en partenariat avec l’opérateur d’infrastructures de télécommunications Helios Tower.
Le ministre a rappelé que tout opérateur est régi par le Code des télécommunications, sans toutefois donner d’éléments de réponse sur le type de licence ou d’autorisation accordé à Starlink.
Le service d’accès à l’Internet haut débit par satellite Starlink est désormais disponible au Sénégal après des discussions avec plusieurs autres opérateurs satellitaires.
”L’Etat du Sénégal a fait le choix de discuter avec d’autres opérateurs satellitaires, y compris les opérateurs du Sénégal en mesure de déployer cette technologie”, a soutenu Alioune Sall.
Il a rappelé qu’il existe “540 zones blanches où la couverture est nulle à travers 700 localités, ce sont des impacts considérables sur 7 millions de Sénégalais non connectés mais aussi des impacts sur l’économie”.
Pour l’arrivée de la technologie satellitaire, a-t-il dit, “nous avons eu des discussions avec l’ensemble des parties prenantes, les opérateurs y compris [..], car ce serait une erreur pour nous Etat du Sénégal de mettre tous nos œufs dans le même panier”.
Alioune Sall a affirmé que Starlink ne vient pas concurrencer les opérateurs des réseaux terrestres mais en complément de leurs activités, “pour diversifier les technologies et apporter une solution concrète aux Sénégalais” en matière d’accès à l’Internet haut débit.
Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), Dahirou Thiam, a ajouté que Starlink a été autorisé sur la base d’un cahier de charges sur lequel le régulateur a travaillé, de concert avec les acteurs concernés, dont le ministère de tutelle.
Il a assuré que, de même, “tous les opérateurs, quels qu’ils soient, seront régulés”.
Revenant sur la thématique du panel, M. Thiam a encouragé la mutualisation des infrastructures. “Concernant le service universel, a-t-il dit, notre discours portait sur les leviers que nous avons mis en place pour accélérer la connectivité et le déploiement des infrastructures. Il s’agit notamment de la mutualisation et le partage d’infrastructures”.
Le directeur général de l’ARTP a évoqué les efforts réalisés en 2025, avec “un test réussi” de dégroupage de la fibre optique de Sonatel au niveau de Mbour.
“Nous savons que chaque opérateur a des obligations de couverture mais nous pensons que de façon intelligente, nous pouvons travailler à mettre en place un modèle économique viable pour les opérateurs, mais qui permette aussi d’accélérer le déploiement des infrastructures, surtout dans les zones les plus reculées […]”, a poursuivi Dahirou Thiam.
Le service satellitaire est finalement l’alternative pour laquelle l’État a posé “un jalon majeur”, selon le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes.
Le panel a réuni plusieurs experts et acteurs de secteurs des télécoms, parmi lesquels la directrice générale du Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), la directrice de Expresso Sénégal, le directeur de Yas Sénégal mais aussi la directrice partenariat de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES).
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