SENEGAL-UNIVERSITE-JUSTICE
Dakar, 17 fév (APS) – Le procureur de la République près le tribunal hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, a écarté, mardi à Dakar, la thèse de la brutalité policière comme cause du décès, le 9 février, de l’étudiant en deuxième année de Chirurgie dentaire, Abdoulaye Ba, précisant que ce dernier a sauté du quatrième étage du pavillon F de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), lors d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants.
‘’Abdoulaye Ba est bel et bien l’étudiant qui a sauté du quatrième étage du pavillon F et qui malheureusement a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste sur le corps de ce jeune étudiant’’, a dit M. Ndoye.
Il animait mardi un point de presse, au Palais de justice de Dakar, portant sur les éléments de l’enquête en cours suite à ce décès.
A cette occasion, le procureur de la République a affirmé que ‘’rien ne permet d’établir ou d’affirmer qu’il [Abdoulaye Ba] a été battu, ni les résultats d’expertise médicale parce que le choc traumatique ayant provoqué le décès a eu pour origine et pour cause la chute’’.
Selon lui, les enquêtes menées par les commissaires de la Division d’investigation criminelle (DIC) et de la Sûreté urbaine auprès des camarades de chambres d’Abdoulaye Ba montrent que ce dernier n’a pas été battu par les forces de défense et de sécurité.
La semaine dernière, la presse a publié une autopsie accablante faisant état de violences policières qui auraient été à l’origine du décès de l’étudiant.
‘’Certains camarades de chambre d’Abdoulaye Ba ont formellement, solennellement déclaré n’avoir pas été battus encore moins brutalisés par des hommes de tenue, des forces de défense et sécurité qu’ils n’ont même pas vus’’, a déclaré le chef du parquet.
Les différentes auditions recueillies auprès des étudiants, des agents de sécurité du Centre des œuvres universitaire (COUD), des gradés de la police et de l’exploitations des images collectées ont pu concourir à retenir cette ‘’thèse irréfutable’’ écartant celle de violences policières ayant entraîné la mort de l’étudiant en Médecine, a indiqué M. Ndoye.
Il a en outre précisé qu’à ce stade, ‘’les éléments de l’enquête disponibles ne permettent pas de corroborer l’hypothèse ou la rumeur selon laquelle des violences ont été exercées sur la personne de Abdoulaye Ba’’.
Le maitre des poursuites a battu en brèche cette hypothèse qui ne correspond pas selon lui, à la réalité constatée sur le ‘’théâtre des opérations’’.
‘’L’écran de fumée dont on a parlé tout à l’heure et le feu qui s’était déclaré à la chambre numéro 85 [du Pavillon F] empêchaient toute possibilité d’entrer dans le couloir de ce pavillon de sorte que les étudiants qui étaient dans cette chambre n°83 où logeait le défunt Abdoulaye Ba n’avaient d’autre possibilité que de passer par la fenêtre’’, a détaillé le procureur de la République.
Selon lui, certains des camarades du défunt étudiant ont eu des ‘’entorses et des fractures’’ alors que lui, en voulant sauter ‘’a raté une des marches’’ et est tombé sur le côté gauche.
Le procureur de la République a notamment insisté sur l’absence de contact physique entre Abdoulaye Ba et les forces de défense et de sécurité, précisant que ‘’sa mort résulte (…) d’une chute du quatrième étage’’.
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