Les fédérations syndicales déposent de nombreuses revendications sur la table du président de la République
Les fédérations syndicales déposent de nombreuses revendications sur la table du président de la République

SENEGAL-TRAVAIL

Dakar, 1er mai (APS) – Les fédérations syndicales ont fait part au président de la République, vendredi 1er mai, de nombreuses revendications liées pour la plupart au pouvoir d’achat, à la protection sociale des travailleurs, à la réforme du Code du travail et au respect du Pacte national de stabilité sociale signé il y a juste un an.

Les leaders des fédérations de syndicats ont procédé à la traditionnelle remise de leurs cahiers de doléances au chef de l’État, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des travailleurs.

La secrétaire générale de l’UNSAS, Marie Yvette Keïta, a demandé au président de la République de veiller à une bonne prise en charge des revendications des travailleurs. Elle a salué la décision prise par Bassirou Diomaye Faye de faire de 2026 ‘’l’année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire’’.

Mme Keïta a plaidé pour la protection du pouvoir d’achat des travailleurs et des ménages, la revalorisation des pensions de retraite et une révision de la fiscalité sur les salaires.

L’UNSAS a réclamé avec insistance le respect des engagements sociaux et la protection des travailleurs vulnérables. Elle souhaite que la durée des congés de maternité soit augmentée, selon les normes de l’Organisation internationale du travail.

Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro, s’est surtout inquiété, devant le président de la République, de la persistance des tensions sociales et de l’application partielle du Pacte national de stabilité sociale signé il y a juste un an – le 1er mai 2025 – par le gouvernement, les syndicats et les organisations patronales.

Payer la dette intérieure et réintégrer les travailleurs licenciés

M. Guiro juge nécessaire de renforcer le dialogue social et de veiller au respect des accords signés par les partenaires sociaux.

La CNTS a réclamé aussi la réintégration de nombreux travailleurs licenciés, la baisse de l’impôt sur les salaires et l’extension de l’indemnité de logement à plusieurs employés qui n’en bénéficient pas encore.

Le règlement de la situation sociale de certains travailleurs est une urgence dans plusieurs secteurs d’activité et pour de nombreux travailleurs, a signalé Mody Guiro en donnant l’exemple des dockers.

La CNTS a demandé au président de la République de faire en sorte que les réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale soient rapidement bouclées.

Le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA), Elimane Diouf, a décrit une situation sociale préoccupante pour de nombreux travailleurs, malgré les avancées notées dans plusieurs secteurs d’activité.

Il juge urgent d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages, de payer la dette intérieure et de réintégrer les travailleurs licenciés.

La CSA a défendu la protection des droits des travailleurs et de la ratification de conventions internationales relatives aux violences en milieu du travail et à la protection de la maternité. Elle a plaidé pour le respect du droit des travailleurs du secteur informel à une protection sociale.

Renforcement des dispositifs d’insertion professionnelle des jeunes

La CNTS/FC s’est réjouie des acquis obtenus par le dialogue social. Son secrétaire général, Cheikh Diop, a relevé des difficultés persistantes dans le monde du travail, dont des violations des droits des travailleurs dans plusieurs secteurs, des licenciements et des tensions survenues dans des entreprises stratégiques pour le pays.

En répondant aux leaders des fédérations syndicales, Bassirou Diomaye a assuré que la finalisation des réformes – y compris celles du Code du travail et du Code de la sécurité sociale – faisaient partie des priorités auxquelles il a demandé au gouvernement de travailler.

Le chef de l’État a insisté sur le renforcement de la protection sociale, l’extension de la couverture maladie universelle aux travailleurs du secteur informel et la consolidation de la viabilité des régimes de retraite notamment.

Il juge nécessaire d’améliorer le pouvoir d’achat des consommateurs par la poursuite de la régulation des prix et la mise en œuvre des réformes fiscales.

M. Faye a dit avoir réclamé au gouvernement la finalisation, dans les meilleurs délais, de la politique nationale de l’emploi, afin qu’elle soit adoptée et mise rapidement en œuvre.

Le président de la République assure aux fédérations syndicales veiller au renforcement des dispositifs d’insertion professionnelle des jeunes. Le gouvernement a pris ‘’des initiatives substantielles et structurantes’’ en faveur de l’emploi, malgré les difficultés économiques, a-t-il affirmé.

AN/ESF