Dayane Kodiolé, un carrefour plombé par son enclavement
Dayane Kodiolé, un carrefour plombé par son enclavement

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Vélingara-Dayane, 18 mai (APS) – Le village de Dayane Kodiolé, dans la région de Matam (nord), a tout d’un passage obligé, au regard de sa position géographique, qui fait de cette bourgade un carrefour à la lisière des régions de Tambacounda, Louga et Kaffrine. Sauf que cette localité peine à sortir de son enclavement accentué par l’état piteux de la route qui la dessert.

Depuis Matam, il faut parcourir 208 km pour rallier Dayane Kodiolé, qui relève de la commune de Vélingara-Ferlo, en plein cœur de la zone sylvopastorale.

Une piste parfois sablonneuse et latéritique s’offre au voyageur sur les 66 km représentant le trajet depuis la capitale régionale. Il faut ensuite faire avec les aléas d’une route en chantier, à l’abandon.

Des campeurs, éleveurs nomades, complètent ce tableau constitué également de quelques hameaux et de la rencontre des ”wopou yaha”, ces impitoyables pick-up transportant bétail, personnes et marchandises avec bancs sur le toit, connus pour leur excès de vitesse.

Pendant près de deux heures de route entre Matam et le croisement Vélingara-Ferlo, le passager passe en grande partie un voyage tranquille. Mais après les 94 kilomètres séparant de la capitale régionale de Ranérou, la route devient par endroit chaotique, avec des nids de poule et des débris de pneus.

Le conducteur doit faire preuve d’une grande maîtrise pour réussir à trouver son chemin, sans compter les nombreux animaux à éviter, qui ont tendance à traverser la route.

La galère ne débute pourtant vraiment qu’à la sortie de la Route nationale 3, à hauteur du croisement Vélingara, 60 kilomètres après Ranérou, en passant par Nakara. Une torture qui va encore durer des heures, pour espérer rejoindre le village de Dayane Kodiolé au bout de 66 kilomètres.

A la sortie de la route, le véhicule se pose sur une piste latéritique en chantier menant vers les profondeurs du Ferlo. Deux choix s’offrent au conducteur : rouler sur la piste en chantier totalement à l’arrêt et même abandonnée ou prendre une piste secondaire moins cahoteuse.

Dayane Kodiolé, un carrefour plombé par son enclavement

Le conducteur de la voiture empruntée par le reporter de l’APS choisit la seconde option.

Il se démarque de la route principale pour la secondaire, quitte à zigzaguer et à se faufiler entre les arbres.

A quelques mètres de là, se dresse le chantier de la route menant à Vélingara Ferlo, abandonnée depuis plusieurs années. Des petits ponts, des amas de latérite occupent toujours le décor. Même la base, reliée à ce chantier située avant Vélingara-Ferlo, est aujourd’hui déserte.

Sur la seconde piste, des arbres bordent la route, des ânes et des troupeaux avec leurs bergers viennent rappeler que cette zone est spécialement dédiée à l’élevage. 

Un peu plus loin, deux pistes se séparent avant de se recroiser par endroits, pour encore se perdre, comme des chemins de traverse.

Antenne et forage comme repères

Sur le chemin qui sépare la RN3 de Vélingara Ferlo, un seul village est visible depuis la route. Non loin de là, des nomades finissaient de camper le temps de reprendre leur chemin vers d’autres horizons.

Des charrettes tirées par ânes sur lesquelles sont posées des réservoirs pouvant contenir près de 100 litres d’eau sont garées un peu à l’écart des cases. Il faut être prêt, le top départ pouvant être donné à tout moment.

En attendant, des petites filles se promènent au bord de la route, histoire de faire un dernier tour du camp.

Un autre hameau avec moins de dix cases se découvre quelques kilomètres après, dont une en construction.

Au bout de 39 km, le voyageur arrive enfin à Vélingara Ferlo. De loin, le marché hebdomadaire, cœur battant de cette commune rurale, commence à s’animer.

Les boutiques ont déjà ouvert, le cireur, sous sa petite tente, est en train de donner un coup de neuf à une paire de chaussures, pendant qu’un vendeur de viande est en train de discuter avec des clients. Des scènes de vie ordinaire pour une commune rurale.

Il faut profiter de l’arrivée à Vélingara-Ferlo pour s’hydrater, afin de pouvoir tenir le reste du chemin long de 27 km jusqu’à Dayane Kodiolé, sous une chaleur accablante.

Contrairement au tronçon déjà parcouru, la route menant à Dayane Kodiolé est sablonneuse. Le paysage change aussi pour laisser la place aux baobabs et aux arbres défeuillés aux bois morts rangés sur le bord de la route.

De loin, la route principale, délaissée par tous les conducteurs, continue de s’éloigner de la piste secondaire, pourtant la plus fréquentée par les ”wopou yaha”.

Dayane Kodiolé, un carrefour plombé par son enclavement

Dayane Kodiolé n’est plus loin. Une antenne de réseau téléphonique et le forage du village servent de repères. Le ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, s’y est rendu récemment pour l’inauguration d’une mini-centrale solaire 2.0.

Ce village de la région de Matam a la particularité d’être à la lisière de trois autres régions de Tambacounda, Kaffrine et Louga, dont les limites ne sont distantes que de 20 km pour les deux premières, contre 7 km pour Louga.

Dayane Sellé, village voisin de Dayane Kodiolé, a aussi bénéficié des retombées du Programme d’appui au développement des énergies renouvelables pour l’accès universel (PADERAU), en réceptionnant une mini-centrale de dernière génération.

AT/SBS/BK/ASB/HK