Dakar vise à promouvoir une diplomatie spatiale panafricaine, selon l’ASES
Dakar vise à promouvoir une diplomatie spatiale panafricaine, selon l’ASES

SENEGAL-AFRIQUE-TECHNOLGIE

Dakar, 28 sept (APS) – Le Sénégal a réaffirmé sa volonté de faire du spatial un domaine de coopération entre les États africains, donnant ainsi une dimension panafricaine à sa diplomatie spatiale, lors de l’Africa Space Expo organisé du 24 au 26 septembre dans la capitale ivoirienne, a appris l’APS des services de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES)

‘’Le déplacement marque une inflexion dans la visibilité diplomatique de l’ASES. À Abidjan, l’enjeu était de donner à ces relations internationales un ancrage continental plus affirmé’’, rapporte la même source.

Elle indique que l’Agence sénégalaise d’études spatiales a multiplié les rencontres avec ses homologues africains lors de la première édition de l’Africa Space Expo, ASPEX 2026.

Le directeur général de l’ASES, Maram Kairé, conduisant la délégation sénégalaise, a eu des discussions bilatérales avec les responsables des agences spatiales de la Côte d’Ivoire et du Nigeria, ‘’tout en poursuivant ses échanges avec des partenaires internationaux’’.

M. Kairé s’est entretenu avec Tidiane Ouattara, directeur général de l’Agence spatiale ivoirienne, puis avec Adepoju Matthew, son homologue nigérian, d’après le compte rendu de l’ASES décrivant des échanges sur les expériences des agences, leurs priorités et les complémentarités possibles.

Les différentes parties ambitionnent de ‘’transformer le dialogue engagé à Abidjan en projets communs’’.

Le pavillon sénégalais lors de l’Africa Space Expo d’Abidjan donnait à voir ‘’une autre dimension de cette ambition’’ en raison de sa forte délégation comprenant notamment le Centre de suivi écologique, SENUM SA, la direction des TIC du ministère des Télécommunications et du Numérique, le secteur privé avec l’entreprise Telluriq et l’association Women in Space Sénégal.

La composition de cette délégation montre que ‘’le Sénégal entend faire du spatial un outil utile à plusieurs secteurs, de l’observation du territoire aux services numériques, en associant institutions publiques, entreprises et compétences scientifiques’’, souligne l’ASES.

Le pavillon Sénégal a reçu la visite d’autorités ivoiriennes lors de la cérémonie d’ouverture du salon, en présence de Paul Benoît Barka Sarr, ambassadeur du Sénégal en Côte d’Ivoire.

Le directeur général de l’ASES s’est également entretenu avec des représentants du département d’État américain et de la NASA, le directeur général de l’Agence spatiale des Émirats arabes unis, ainsi qu’avec une délégation de l’Agence spatiale allemande, DLR, accompagnée de la GIZ.

Mariam Kairé a pris part à un panel de haut niveau consacré aux partenariats pour l’économie spatiale euro-africaine, où ont été discutés les besoins des institutions, l’accès aux marchés et les conditions d’une coopération durable.

Cette série de rencontres dessine la méthode de l’ASES qui est de ‘’maintenir des liens avec des partenaires disposant d’une longue expérience spatiale, tout en resserrant les relations entre agences du continent’’, renseigne le texte.

Il souligne que, pour le Sénégal, les données et technologies spatiales peuvent contribuer au suivi environnemental, à la gestion des risques ou à l’aménagement du territoire.

Pour ce faire, il faut que les échanges diplomatiques débouchent sur des compétences, des applications et des partenariats accessibles aux acteurs sénégalais et africains.

‘’À Abidjan, l’ASES a donc surtout franchi une étape de positionnement. Elle a montré qu’elle voulait prendre part aux discussions sur l’avenir du spatial africain, aux côtés de ses voisins comme de ses partenaires internationaux’’, mentionne la même source.

Elle estime que la portée de cette diplomatie se jugera désormais à ses suites : des programmes définis ensemble, des savoir-faire partagés et des usages qui répondent aux besoins nationaux et du continent.

Après la signature historique des accords Artémis avec la NASA, d’autres projets sont annoncés par l’ASES. Il s’agit notamment des accords stratégiques avec l’Agence spatiale européenne et le Centre national d’études spatiales, l’agence spatiale française (CNES), l’adhésion au Projet de Station de recherche orbitale lunaire de la Chine, en passant par une présence remarquée au récent Sommet International de l’espace à Paris.

FD/ABB/MTN