SENEGAL-SOCIETE-LEGISLATION
Dakar, 18 août (APS)- La députée Aïcha Touré a estimé mardi que le Sénégal doit intégrer dans son système de protection sociale un ”véritable statut” du parent-aidant en vue d’un meilleur accompagnement des enfants autistes qui sont des déficients intellectuels ou lourdement dépendants.
“Je pense que le moment est venu de reconnaître dans notre système de protection sociale un véritable statut du parent aidant”, a-t-elle dit.
Mme Touré, par ailleurs questeur de l’Assemblée nationale, procédait à une explication de vote lors de l’examen des projets de loi relatif aux Codes du Travail et de la Protection sociale.
‘Il s’agira d’un statut qui permettra de travailler tout en accompagnant son enfant. Un statut qui ouvre les possibilités d’aménagement du temps de travail mais aussi un statut qui réserve la couverture sociale. Le statut doit permettre, lorsque l’activité professionnelle est réduite ou arrêtée, de ne pas perdre tous ses droits à la retraite”, a justifié Aïcha Touré.
Pour elle, l’insertion du statut parent-aidant dans la législation sénégalaise ”devra permettre un accompagnement financier lorsque la dépendance de l’enfant impose une présence permanente”.
“Je ne demande pas que l’on paie une mère pour aimer son enfant. Je demande que l’on ne la punisse pas socialement parce qu’elle a choisi de ne pas l’abandonner”, a précisé la parlementaire.
Elle estime que le droit sénégalais doit reconnaître “une réalité” à laquelle font face de nombreux parents.
“Honorables députés, chers collègues, je vous parle de cette réalité avec une sensibilité particulière parce que je suis moi-même mère d’un enfant autiste”, a-elle affirmé à la tribune de lAssemblée nationale.
Mme Touré a avoué savoir ce que représente l’accompagnement d’un enfant différent avec son lot d’inquiétudes, de sacrifices, beaucoup de parents optant de ”souffrir en silence”.
“Si notre système de protection sociale ne protège pas celui qui sacrifie une partie de sa vie professionnelle pour prendre soin d’un enfant vulnérable, alors qui doit le faire?”, s’est-elle interrogée.
La première questeur a invité les organisations féminines à porter ce plaidoyer au nom de toutes “ces femmes oubliées”.
”Les organisations de femmes doivent regarder au-delà de ces enfants handicapés, mais les mamans qui refusent de laisser leurs enfants et qui veulent au moins aller trouver quelque chose pour venir à bout des besoins de ces enfants”, a-t-elle plaidé.
Aïcha Touré n’a pas manqué de saluer les avancées du nouveau Code de la Protection sociale même si “une catégorie de personnes est laissée en rade”.
FD/MTN
