Coupe du monde 2026 : quand les surnoms des sélections racontent l’histoire et l’identité des nations
Coupe du monde 2026 : quand les surnoms des sélections racontent l’histoire et l’identité des nations

SENEGAL-MONDE-FOOTBALL-EMBLEMES

Dakar, 11 juin (APS) – Les quarante-huit nations qualifiées pour la Coupe du monde 2026 ne s’apprêtent pas seulement à disputer le plus grand rendez-vous du football mondial. Elles porteront également avec elles des surnoms devenus au fil du temps de véritables marqueurs d’identité, reflétant l’histoire, la culture, les symboles nationaux et, parfois même, l’âme d’un peuple.

À quelques heures du coup d’envoi de cette 23e édition du Mondial aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, ces appellations rappellent que derrière chaque sélection se cache un héritage que les nations tenteront de faire rayonner sur les pelouses nord-américaines.

Le règne animal, principale source d’inspiration

Le Sénégal, fidèle à son emblème des “Lions de la Teranga”, associe la puissance du roi des animaux à l’hospitalité légendaire de son peuple.

Le lion, symbole de pouvoir et de royauté, occupe une place importante dans l’imaginaire national et dans les institutions du pays.

Le Sénégal partage ce surnom avec plusieurs autres nations. Le Maroc évoluera sous la bannière des Lions de l’Atlas, en hommage au félin autrefois présent dans les montagnes marocaines, tandis que l’Angleterre perpétue la tradition des Three Lions, héritée de son blason médiéval.

L’Irak, de son côté, porte le surnom des Lions de la Mésopotamie. Le terme fait également référence à l’histoire ancienne de la région, où de féroces lions d’Asie vivaient en Mésopotamie, symbolisant le pouvoir et la force dans les arts et la mythologie assyrienne.

La Norvège est désignée comme les “Drillos Løvene”, surnom affectueux tiré de l’histoire du pays, que l’on peut traduire littéralement par “Les Lions Drillos”. Drillos fait référence au célèbre et légendaire sélectionneur norvégien Egil “Drillo” Olsen, qui a mené la Norvège à ses heures de gloire dans les années 1990.

Cette symbolique animale traverse plusieurs continents. L’Algérie s’identifie aux Fennecs, petits renards du désert réputés pour leur résistance et leur intelligence. Elle est aussi appelée “Les Verts ou “Les guerriers du désert”. La Côte d’Ivoire demeure celle des Éléphants, incarnation de la force et de la stabilité, alors que la République démocratique du Congo continue de faire honneur aux Léopards, animal emblématique de sa faune.

Le Cap-Vert navigue sous les couleurs des Requins bleus, rappelant son lien étroit avec l’Océan atlantique. La Tunisie se présente comme les Aigles de Carthage, référence à l’héritage de l’antique cité punique, tandis que l’Arabie saoudite a choisi les Faucons verts, symbole de prestige et de noblesse dans la culture du Golfe.

En Europe, l’Ouzbékistan s’appuie sur l’image des Loups blancs, associés à la loyauté et à la bravoure. L’Australie a adopté les Socceroos, contraction originale des mots anglais “soccer” et “kangaroo”, tandis que la Bosnie-Herzégovine s’identifie aux Dragons, créatures profondément ancrées dans les légendes locales.

La France est représentée par le coq, symbole historique de la nation et de son équipe nationale. Présent sur le maillot des Bleus, il renvoie au mot latin “Gallus”, qui signifie à la fois “Gaulois” et “coq”. Mais l’équipe de France est généralement nommée les Bleus.

Les couleurs nationales comme marqueurs identitaires

D’autres sélections ont puisé leur identité dans les couleurs nationales. L’Espagne demeure la Roja, tandis que les Pays-Bas continuent de défendre l’héritage de ”Oranje”, couleur historique de la maison royale néerlandaise. L’équipe est aussi associée au lion, car il s’agit de l’emblème historique et héraldique du pays.

En Amérique du Sud, l’Argentine est connue sous le nom de ”Albiceleste”, en référence aux couleurs de son drapeau blanc et bleu ciel, tandis que l’Uruguay porte le surnom de la ”Celeste”.

Le Paraguay se présente sous l’appellation ”Albirroja”, signifiant “la rouge et blanche”, en référence aux couleurs traditionnelles de son maillot, alors que le Canada est simplement identifié sous le surnom “Les Rouges”. La Nouvelle-Zélande évolue sous le nom des ”All Whites”, en raison de sa tenue entièrement blanche.

Le Qatar porte le nom de ”Al-Annabi”, en référence à la couleur bordeaux caractéristique de sa sélection.

Curaçao, île des Caraïbes du Sud et Etat autonome des Pays-Bas, se présente comme “The Blue Wave” (La Vague Bleue), faisant référence à la mer des Caraïbes qui borde l’île et à la couleur bleue de leur maillot.

Histoire, traditions et héritages nationaux

Certaines nations préfèrent mettre en avant leur héritage historique. L’Égypte demeure celle des Pharaons, en rappel de l’une des plus anciennes civilisations du monde.

Le Japon associe tradition et modernité à travers le surnom des ”Samurai Blue”, inspiré de la figure légendaire du samouraï et de la couleur de son maillot. La Corée du Sud se reconnaît dans les Guerriers du Taeguk, référence au symbole central de son drapeau national.

La Jordanie se présente sous l’appellation ”Al-Nashama”, terme évoquant le courage et la noblesse.

L’Afrique conserve également plusieurs surnoms fortement liés à l’identité nationale. Le Ghana reste celui des Black Stars, en hommage à l’étoile noire figurant sur son drapeau, alors que l’Afrique du Sud est mondialement connue sous le nom de Bafana Bafana, expression populaire signifiant “Les garçons”.

L’esprit collectif au cœur des appellations européennes

En Europe, les références collectives dominent parfois les symboles animaliers. L’Allemagne demeure ”Die Mannschaft” (L’équipe), l’Autriche se présente comme ”Das Team” et la Suisse sous le diminutif ”Nati”.

L’Écosse continue de s’appuyer sur la célèbre Tartan Army, appellation qui renvoie autant à ses supporters qu’au tissu traditionnel écossais.

Le Portugal est désigné sous le nom de ”Seleção das Quinas”, en référence aux cinq écus figurant sur ses armoiries nationales. La Suède se reconnaît dans l’appellation ”Blågult”, littéralement “bleu et jaune”, les couleurs de son drapeau. La République de Tchèque est couramment désignée sous le nom de Národní Tým, expression signifiant simplement “l’équipe nationale”.

La Belgique a adopté le surnom de ”Diables rouges”, la Croatie celui des ”Vatreni” (Les flamboyants), tandis que la Turquie est appelée ”Ay-Yıldızlılar”, qui signifie “Les Étoilés et Lunaires” en turc.

En Asie occidentale, l’Iran est universellement connu sous le nom de ”Team Melli”, expression signifiant “l’équipe nationale” et symbolisant le rassemblement de tout un peuple derrière sa sélection.

En Amérique latine, le Brésil, quintuple champion du monde, continue d’incarner la ”Seleção”, appellation devenue synonyme de l’excellence du football brésilien. Hérité du portugais, ce surnom signifie simplement “la sélection”, mais évoque aujourd’hui un héritage de titres, de légendes et de créativité qui a façonné l’histoire du football.

Entre histoire nationale et réalités économiques

Dans les Amériques, plusieurs appellations sont liées à l’économie ou à l’histoire nationale. La Colombie est surnommée “Los Cafeteros” en raison de sa tradition caféière, tandis que le Mexique et l’Équateur se reconnaissent respectivement dans ”El Tri” et ”La Tri”, références à leurs couleurs nationales.

Les États-Unis portent le surnom de ”Stars and Stripes” (Les Étoiles et les Bandes), directement inspiré de leur drapeau, ou de Team USA.

Le Panama est connu sous le nom de ”Los Canaleros”, en hommage au canal qui a façonné son histoire ou bien ”La Marea Roja” (La Marée Rouge), alors qu’Haïti évolue sous l’appellation des ”Grenadiers”, en référence au célèbre chant patriotique de la révolution haïtienne “Grenadiers à l’assaut !”, un cri de ralliement des généraux de l’armée indigène durant la guerre d’indépendance.

Haïti, qui participera à la Coupe du monde pour la première fois depuis 1974, a été d’ailleurs contraint par la FIFA de changer de maillots pour le Mondial. Ceux initialement prévus présentent une illustration considérée comme un ”message politique” par l’instance.

Sur les maillots proposés se trouve une illustration de la bataille de Vertières, qui a marqué l’achèvement de la guerre d’indépendance haïtienne. Un ”message politique”, selon la FIFA dont les règles en la matière stipulent que ”l’équipement ne doit présenter aucun slogan, inscription, ou image à caractère politique, religieux ou personnel”

SK/MTN/HB/ADL/BK