Dakar, 25 août (APS) – L’État du Sénégal s’est constitué partie civile dans les procédures ouvertes par le parquet de Dakar contre l’opposant Ousmane Sonko et son avocat français, Juan Branco, afin d’obtenir la réparation de pertes et de préjudices subis lors de violentes manifestations à Dakar et dans d’autres villes.

“Par lettre en date du 7 août 2023, l’agent judicaire de l’État a informé les juges d’instruction de sa constitution de partie civile dans les procédures ouvertes contre monsieur Ousmane Sonko, Me Juan  Branco, et d’éventuels complices ou coauteurs”, a déclaré Me Ndèye Anta Mbaye.

Me Mbaye, membre du pool d’avocats de l’agent judiciaire de l’État, a annoncé cette décision lors d’une conférence de presse.

Ces avocats, dont font partie Mes El Hadji Diouf et Ousmane Thiam, vont “se constituer dans ces procédures […] concernant les dégradations, pertes et préjudices infligés à l’État du Sénégal”, a-t-elle dit aux journalistes.

“L’État, contrairement au ministère public, qui a pour mission la poursuite des infractions pénales et l’exécution des condamnations, peut se constituer partie civile pour obtenir la réparation d’un préjudice subi du fait d’une infraction pénale”, est-il écrit dans la déclaration lue par Me Mbaye à la presse.

“Il est à rappeler qu’au cours des diverses manifestations, saccages et pillages, des biens publics ont été la cible des casseurs. Ces biens, qui ont une forte valeur sociale, ont été endommagés ou complètement détruits”, arguent l’agent judiciaire de l’État et ses avocats.

Ils ajoutent que les pouvoirs publics “se réserve[nt] le droit d’évaluer l’étendue du préjudice souffert […] et ne ménagera aucun effort pour rendre effective la réparation du préjudice subi”.

L’agent judiciaire de l’État et ses avocats font allusion aux pillages survenus notamment après la condamnation d’Ousmane Sonko, le 1er juin dernier, à deux ans de prison ferme pour “corruption de la jeunesse”, au terme de son procès pour viol et menaces contre la demoiselle Adji Sarr.

“Des mouvements insurrectionnels”

M. Sonko a été arrêté le 28 juillet dernier et inculpé d’appel à l’insurrection, d’association de malfaiteurs, d’atteinte à la sûreté de l’État, de complot contre l’autorité de l’État.

L’opposant placé sous mandat de dépôt le 31 juillet est également accusé par le parquet de Dakar d’actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique et à créer des troubles politiques graves, d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et de vol.

Le jour de son inculpation, le ministre de l’Intérieur, Antoine Diome, a annoncé la dissolution de son parti.

“Pastef […] a fréquemment appelé ses partisans à des mouvements insurrectionnels”, a argué M. Diome, ce que les responsables de ladite formation politique et ses militants ne cessent de nier.

M. Sonko est classé troisième à l’élection présidentielle de 2019, derrière l’ancien Premier ministre Idrissa Seck et Macky Sall, qui s’est fait réélire. Pastef-Les patriotes et ses alliés constituent l’un des principaux groupes parlementaires de la législature élue le 31 juillet 2022.

ABD/ESF/MTN

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