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Dakar, 8 août (APS) – Le nouveau directeur général du Fonds d’entretien routier autonome (FERA), Cheikh Dieng, a dévoilé, vendredi, sa feuille de route stratégique baptisée ”vision FERA 2031”, un plan de rupture conçu pour redresser d’urgence la situation financière et technique de cet organisme public.
”Face à la dégradation de notre réseau routier et à une dette de 30,8 milliards FCFA, nous refusons la fatalité, pour inscrire le FERA au cœur de l’Agenda “Sénégal 2050″. Notre action s’appuiera désormais sur une doctrine claire : l’économie de la préservation”, a-t-il déclaré, lors de la cérémonie de passation de service, avec la directrice générale sortante, Soukèye Diop Fam.
Le nouveau directeur général déclare articuler son plan de transformation du FERA sur des piliers stratégiques majeurs pour ‘’relever les défis de l’institution’’.
”Parmi ses priorités, a-t-il indiqué, figure la valorisation maximale du patrimoine routier, doté d’une réseau routier classé et d’autoroutes de 16 500 kilomètres, représentant un coût estimé à plus de 3 000 milliards FCFA”.
Selon lui, ‘’la priorité n’est plus seulement de construire, mais de sanctuariser cet existant afin de stopper la dépréciation de nos actifs publics et garantir leur pérennité économique”.
Cheikh Dieng a déclaré que ‘’le FERA entend abandonner le pilotage à vue au profit d’un modèle de gestion structurellement modernisé, tout en ambitionnant d’implémenter des standards d’excellence pour assurer le financement régulier, efficace et transparent des opérations d’entretien et d’exploitation des routes”.
Il a précisé qu’il souhaite ériger la donnée technique et financière en véritable actif stratégique.
Selon lui, une connaissance millimétrée de l’état du patrimoine routier permettra ‘’d’anticiper’’ les dégradations du réseau, ‘’d’optimiser’’ les calendriers d’intervention des équipes et de justifier scientifiquement les arbitrages budgétaires.
Face aux défis climatiques et à l’usure précoce de notre réseau, il a estimé que la résilience devient ‘’une composante obligatoire’’ de la qualité des routes.
‘’Les chantiers que nous financerons devront désormais répondre à des exigences de durabilité accrues pour résister aux facteurs de dégradation externes et garantir la continuité de la mobilité territoriale”, a-t-il préconisé.
L’ancien directeur général de l’ONAS dit également être favorable à l’instauration d’une culture de la performance et de la rigueur, soutenant qu’il faut miser sur ‘’une gouvernance interne modernisée’’, pour surmonter les blocages administratifs actuels, tels que la suspension des conventions des collectivités territoriales ou le conflit de procédure avec l’agent comptable.
Il a indiqué que ce pilier s’appuiera, sur de nouveaux référentiels ‘’d’audit interne et une collaboration renforcée avec l’ensemble des cadres de l’institution’’.
Cheikh Dieng a assuré qu’un principe financier central guiderait désormais les investissements de l’agence, relevant qu’‘’un franc CFA investi en entretien préventif permettait d’économiser quatre à sept francs CFA en réhabilitation future’’.
Le nouveau directeur général prévoit par ailleurs de soumettre son document stratégique ‘’vision FERA 2031’’ aux cadres de l’organisme public, dans les prochains jours, afin qu’il soit enrichi de manière collective.
La directrice générale sortante, Soukèye Diop Fam, a dressé le bilan de ses 26 mois de gestion, plaçant ses réalisations sous le signe de l’éthique, de la rigueur et de la transparence, en conformité avec la ligne directrice du ‘’Jub, Jubal, Jubanti’’ [droiture, équité, redressement].
Mme Fam a notamment mis en avant ses contributions organisationnelles, qui ont abouti à l’adoption d’‘’un nouvel organigramme’’, plus en phase avec les missions du fonds et à l’optimisation du capital humain.
Elle a également rappelé le lancement de la ‘’digitalisation’’ des processus à travers un système d’information managériale, contribuant à ‘’une meilleure circulation’’ de l’information, au suivi des dossiers, à l’archivage et à la sécurisation des échanges.
Abordant la gouvernance financière, Soukèye Diop Fam a ajouté qu’à son arrivée en juin 2024, elle avait trouvé ‘’une accumulation importante’’ d’arriérés des années 2022 et 2023.
‘’Cette situation découlait d’une orientation prioritaire des ressources vers les conventions avec les collectivités territoriales, au détriment du financement des activités régaliennes exécutées par l’AGEROUTE’’, a-t-elle expliqué.
Elle a souligné que ce déséquilibre avait entraîné ‘’une absence’’ d’entretien du réseau structurant et fait ‘’régresser’’ la part des routes revêtues en bon état, passant de 84 % en 2021 à 78,2 % en 2025.
Pour y faire face, elle a indiqué que son approche avait consisté à ‘’recentrer’’ le FERA sur sa mission principale de financement de l’entretien routier tout en intensifiant les efforts de mobilisation de ressources.
Ces actions ont permis, selon elle, ‘’l’apurement progressif’’ des arriérés de l’institution.
‘’Nous avons trouvé un FERA avec des dettes, aujourd’hui nous laissons un Fonds avec une bonne santé financière lui permettant d’atteindre ses objectifs pour 2026’’, a conclu la directrice générale sortante, en réaffirmant l’importance ‘’de garantir’’ la pérennité du patrimoine routier sénégalais, deuxième réseau le plus étendu de la zone UEMOA”.
CS/AB
