Cheikh Diba exclut une restructuration de la dette et réaffirme la stratégie du gouvernement
Cheikh Diba exclut une restructuration de la dette et réaffirme la stratégie du gouvernement

SENEGAL-POLITIQUE-ECONOMIE

Dakar, 30 juin (APS) – Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a réaffirmé mardi que le gouvernement sénégalais n’envisage pas de procéder à une restructuration de la dette publique, estimant que les objectifs de soutenabilité financière peuvent être atteints à travers le plan de traitement actuellement mis en œuvre, avec des risques moins importants pour l’économie nationale.

”La position de l’État du Sénégal n’a pas varié. Nous demeurons convaincus que les objectifs recherchés par certains acteurs qui préconisent une restructuration de la dette peuvent être atteints à travers le plan de traitement que nous avons élaboré, avec des risques nettement moins élevés pour notre économie”, a-t-il déclaré lors du Débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale.

Le ministre a indiqué que cette position a été présentée aux partenaires du Sénégal et continue de faire l’objet d’échanges avec eux, dans le cadre d’un dialogue qu’il a qualifié de ‘’constructif ‘’.

Revenant sur les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a expliqué que les difficultés actuelles trouvent leur origine dans le travail de reclassification et d’assainissement des comptes publics entrepris par les nouvelles autorités.  

Selon lui, cet exercice a révélé que les données précédemment communiquées sur les finances publiques, notamment le déficit budgétaire et le niveau de la dette, étaient ”largement inférieures à la réalité”.

‘’Nous avons assumé cette situation avec responsabilité en communiquant ces informations à nos partenaires‘’, a-t-il souligné, relevant que l’ampleur des ajustements opérés constitue un cas exceptionnel dans les relations entre les institutions financières internationales et un État.

Le ministre a estimé qu’il était dès lors normal que les partenaires techniques et financiers, en particulier le FMI, prennent le temps nécessaire pour analyser la situation et évaluer les mesures correctrices engagées.

‘’Cela ne traduit pas une rupture de confiance, mais plutôt une volonté commune de restaurer durablement la crédibilité des finances publiques‘’, a-t-il précisé.

Cheikh Diba a également insisté sur la matrice des réformes élaborées par le gouvernement pour renforcer la gouvernance budgétaire et financière du pays.

Il a expliqué que certaines mesures peuvent être mises en œuvre rapidement, tandis que d’autres nécessitent davantage de temps en raison de leur caractère structurel.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a rappelé que les discussions avec le FMI portent notamment sur le cadre macroéconomique du Sénégal, les perspectives de croissance, le déficit budgétaire, les besoins de financement et la soutenabilité de la dette publique.

Il a cité parmi les réformes déjà engagées la création d’une structure unique chargée de la gestion de la dette publique ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance financière, des mesures qu’il considère comme ”essentielles” pour consolider la confiance des partenaires du Sénégal.

Saluant la qualité des échanges avec les députés, Cheikh Diba a assuré que les observations formulées lors du débat seront prises en compte dans la préparation du prochain budget.

Il a indiqué que les services du ministère des Finances les intégreront aux travaux des conférences budgétaires afin d’améliorer l’efficacité de la dépense publique, ainsi que la performance des politiques publiques.

‘’Nous sommes sur la bonne voie. Le travail doit être approfondi, mais les réformes engagées témoignent de notre volonté d’assurer une gestion saine, transparente et performante des finances publiques‘’, a-t-il conclu.

AN/MTN