SENEGAL-AGRICULTURE-FINANCEMENT
Ziguinchor, 16 juin (APS) – L’État du Sénégal va injecter 90 milliards de francs CFA en Casamance (sud) dans le cadre du développement des agropoles et de la relance de la filière anacarde, a annoncé, mardi, à Ziguinchor, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.
“L’État va investir 90 milliards de francs CFA en Casamance dans le cadre du développement des agropoles et de la relance de la filière anacarde. 51 milliards de francs CFA seront consacrés aux agropoles d’Oussouye, Ziguinchor et Bignona, tandis que 39 milliards seront investis dans ceux de Kolda et Sédhiou”, a-t-il déclaré.
Serigne Guèye Diop a fait cette annonce à l’issue d’une rencontre avec les producteurs, transformateurs et exportateurs du secteur.
Selon lui, ces projets permettront la réalisation de neuf nouvelles zones industrielles agroalimentaires destinées à stimuler l’industrialisation de la région et à générer plus de 50 000 emplois directs et indirects.
Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation de la Casamance, marquée notamment par des investissements dont bénéficient le port de Ziguinchor, l’aéroport ainsi que les infrastructures routières.
Saluant la forte mobilisation des acteurs de la filière réunis à l’initiative du gouverneur de Ziguinchor, il a souligné que cette visite de deux jours s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de l’agropole sud et de relance de la chaîne de valeur de l’anacarde.
Les échanges ont porté principalement sur la place des Petites et moyennes entreprises (PME) locales dans les agropoles et sur les mécanismes de financement de la filière.
Serigne Guèye Diop a assuré que des hangars déjà construits au sein des agropoles seront exclusivement réservés aux PME et aux Groupements d’intérêt économique (GIE), afin de leur permettre de démarrer rapidement leurs activités.
Pour les autres espaces viabilisés, il a invité les investisseurs nationaux et étrangers à construire leurs propres unités industrielles, afin de renforcer le tissu productif régional.

Abordant la question des prélèvements sur les exportations d’anacarde, le ministre a indiqué que la contribution de 40 francs CFA par kilogramme exporté demeure en vigueur pour financer le secteur.
Il a ajouté que la taxe additionnelle de 20 francs CFA, destinée à la formation des producteurs, au financement de la filière et à la réalisation de projets structurants, sera maintenue temporairement jusqu’à l’année prochaine.
Serigne Guèye Diop a rappelé que ce type de prélèvement existe dans plusieurs pays producteurs, citant notamment la Côte d’Ivoire où les montants perçus sont plus élevés afin de soutenir la transformation locale.
Le ministre a relevé que les exportations d’anacarde représentent actuellement une valeur d’environ 92 milliards de francs CFA, alors que seulement 3 % de la production est transformée localement.

L’objectif du gouvernement est de porter ce taux à 30 % au cours des cinq prochaines années, grâce à un accompagnement renforcé et à des mesures de soutien destinées aux industriels, a-t-il indiqué.
Serigne Guèye Diop a toutefois insisté sur le fait que le développement de la Casamance ne se limite pas à l’anacarde, soulignant que les neuf agropoles prévus devraient également favoriser la valorisation d’autres filières agricoles et agroalimentaires de la région.
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