Bakel : l’effervescence de la Tabaski dans les marchés, les tailleurs débordés
Bakel : l’effervescence de la Tabaski dans les marchés, les tailleurs débordés

SENEGAL-SOCIETE-REPORTAGE-PREPARATIFS

Bakel, 26 mai (APS) – A deux jours de la fête de l’Aid El Kébir communément appelé Tabaski, la ville de Bakel (est) est plus vivante que d’habitude. Les marchés sont bondés, les tailleurs sont engagés dans une course contre la montre pour livrer les commandes à temps.

‎La forte chaleur qui sévit dans la ville ne semble pas pouvoir freiner l’effervescence liée aux préparatifs de la fête de Tabaski.

Sous un ciel clair et ensoleillé, une ambiance très conviviale et populaire prévaut depuis quelques jours au marché.

Les pas des visiteurs se mélangent aux klaxons des motos, tricycles et autres minibus et camions transportant de marchandises. Le trafic est relativement dense. Sur la voie, différents légumes sont étalés sur des tables, des vendeurs de poissons étant installés dans l’autre sens.

Une affluence qui fait le des commerçants et autres tailleurs comme Papa Thiam, la trentaine, trouvé avec ses employés en plein assemblage des pièces de tissus.

Il dit avoir très tôt engagé très tôt le travail en perspective de la Tabaski. “A un mois de la fête, j’ai déjà arrêté de recevoir des commandes, parce que j’en avais reçu beaucoup. Actuellement, je suis en train de faire tout pour que mes clients puissent recevoir leurs tissus bien cousus avant la fête”, explique Pape Thiam.

‎Il ajoute que le super cent, le bassin gold et le VIP sont les tissus les plus prisés chez les hommes, alors que pour les femmes, le lafaya a toujours la cote.

‎Au “marché Bou Makk”, c’est la même ambiance. Ce lieu de commerce populaire est occupé par des tailleurs et des commerçants. Les va-et-vient des clients dans les ruelles, les bruits des machines à coudre sont là pour rappeler que les activités ne s’arrêtent presque jamais en ces lieux en perspective de la Tabaski.

Djiby Konaté, tailleur et mercier, a aménagé son atelier jusque à l’entrée de ce marché. Ce père de famille exerçant ce métier depuis plus de 25 ans risque une comparaison avec les années passées.

“Il faut noter qu’il y a une petite différence entre les années passées et maintenant. L’activité nourrissait plus son homme avant. Maintenant, les gens n’ont pas d’argent”, tranche ce couturier spécialisé dans les vêtements pour homme.

‎”Nous remercions tout de même le bon Dieu. J’ai des clients qui me sont fidèles, même sans événement, ils viennent me voir. Pour la fête aussi on a reçu des commandes et on va les livrer à temps”, déclare M. Konaté, également créateur de modèle.

Pour Abdoulaye, également tailleur dans le même marché, le seul hic c’est que certains clients peinent à régler leurs commandes.

“J’ai déjà terminé 5 robes qui sont là, mais leurs propriétaires ne sont pas encore passés les prendre, disant qu’elles n’ont pas encore d’argent pour payer, alors que nous sommes à trois jours de la Tabaski”, regrette ce jeune tailleur.

Abdoulaye assure qu’il ne s’est pourtant pas ménagé et a commencé à travailler sur les vêtements pour la Tabaski depuis le début du mois, avec des horaires à rallonge pour pouvoir satisfaire ses clients.

‎”Je suis là de 8h jusqu’à 4h du matin. J’ai reçu beaucoup de clients pour la Tabaski. Les gens nous font confiance, le souci chez nous, c’est seulement le paiement de nos efforts. Certains te disent après la Tabaski mais ça ne nous arrange pas”, a-t-il lancé.

‎AUT : AND/ABD/BK/HB