SENEGAL-AGRICULTURE
Bakel, 16 juin (APS) – Des producteurs de riz du périmètre agricole de ‘’Kolongal’’, situé dans la ville de Bakel (est), déplorent la faiblesse de leurs rendements pour la campagne de saison sèche de cette année. Ils mettent en cause la qualité des semences dont ils ont bénéficié.
En cette matinée de lundi, un ciel clair illumine la ville de Bakel. Une chaleur moins brûlante que d’habitude se fait ressentir. Le département a été arrosé récemment par les premières pluies, annonçant l’installation de l’hivernage dans ce département de la région de Tambacounda.
Au niveau du périmètre rizicole de ‘’Kolongal’’, situé à l’Ouest de la ville de Bakel, la récolte du riz et le conditionnement de la production occupent le temps des producteurs trouvés sur place.
Cinq Groupements d’intérêt économique (GIE) partagent ce périmètre. Une superficie de 150 hectares a été emblavée cette année pour la campagne saison sèche chaude 2026, entamée depuis février au niveau du département.
Dans la zone du GIE “Goundéyni”, la moissonneuse-batteuse est en pleine récolte sur la parcelle de Harouna, qui est à sa deuxième année de culture du riz au niveau de Kolongal.
Au niveau de sa parcelle déjà récoltée, de grandes bâches servant à faire du stockage sont étalées. Quelques sacs remplis de riz sont alignés sur ces bâches, certains étant déjà fermés, d’autres en cours de remplissage.
Parlant sous le contrôle de ses frères, Harouna compare la campagne de cette année à celle de l’année dernière. “Le rendement était meilleur l’année dernière. J’avais cultivé une superficie 0,25 et obtenu 71 sacs, mais cette année je peine à avoir 30 sacs’’, déclare ce producteur, pointant la mauvaise qualité de la semence.
A quelques mètres de là, Aliou Sall, un autre producteur, est venu avec sa famille. Il dispose d’une parcelle de 0,53 hectare au niveau du périmètre. Il a déjà récolté une superficie de 0,27 ha pour un rendement de 32 sacs, dit-il.
“Aujourd’hui, je vais récolter [le restant de ma parcelle] et j’espère avoir 30 à 31 sacs, comme ça j’aurai au total 65 sacs pour la superficie de 0,53 dont je dispose”, fait savoir M. Sall, regrettant le faible taux de rendement de cette année.
“L’année dernière, malgré la présence des oiseaux, la pluie et l’absence de moissonneuse-batteuse, la récolte était bonne. Cette année, le rendement n’est pas bon à cause des semences”, ajoute-t-il.

“En plus de cela, on paye 65.000 F l’hectare et 32 500F pour la moissonneuse-batteuse, c’est très cher. Et cette année, on a été envahi par de mauvaises herbes, personnellement, j’ai payé 160.000 francs CFA à des jeunes pour le désherbage. Donc, je ne gagne presque rien, j’ai juste quelques sacs pour nourrir ma famille pour un temps”, se plaint Aliou Sall.
Plusieurs facteurs expliquent le faible rendement.
“Les semences ont été mélangées, donc on ne sait pas qui a donné la semence de qualité. Mais en dehors des semences, la période de chaleur a aussi joué à l’avortement”, souligne le président du GIE ’’Goundéyni”, Samba Ka.

De son côté, Cheikhou Diarra, le président de l’Union des producteurs de Kolongal, indique qu’un problème lié à l’irrigation s’est posé au début de la campagne dans certaines zones, notant que les superficies ont augmenté cette année.
“Lorsqu’on a débuté la campagne, on avait un problème d’eau. Le fleuve avait beaucoup reculé et les tuyaux remontaient difficilement l’eau. La semence qu’on nous a offerte n’était pas de qualité non plus”, souligne-t-il, rappelant que l’année dernière, ils avaient utilisé la Rn2 comme semence.
Pour sa part Mbaye Diédhiou, le directeur de la délégation SAED Bakel, soutient que les raisons de ce faible rendement sont ailleurs et ne sont pas liées à la qualité de la semence. Les producteurs ont reçu de la semence “Sahel 108” qui est adapté à la culture de la saison sèche chaude, a précisé M. Diédhiou.

”Le problème ne se trouve pas à ce niveau. C’est peut-être dû à la conduite culturale. (…) certains ont [obtenu] un bon rendement en respectant les doses et les quantités préconisées”, déclare M. Diédhiou, à propos de l’utilisation des intrants agricoles.
La présence fréquente au champ et le désherbage contribuent à augmenter les rendements, a-t-il souligné. Par contre, la forte chaleur, au moment de la floraison, peut endommager la fécondation et contribuer à la baisse des rendements, a-t-il expliqué.
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