Baidy Agne : “La souveraineté énergétique nécessite une stratégie plus inclusive”
Baidy Agne : “La souveraineté énergétique nécessite une stratégie plus inclusive”

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Dakar, 21 juil (APS) – La souveraineté énergétique du Sénégal passe par une stratégie nationale “plus inclusive, avec des chaînes de valeur plus intégrées”, a soutenu, mardi, à Dakar, le président du Conseil national du patronat (CNP), Baidy Agne, invitant le secteur privé national à une introspection lucide sur ses propres capacités d’investissement.

“La transformation et la souveraineté énergétique de notre pays dépendent de notre capacité à définir et à mettre en œuvre une stratégie nationale plus inclusive, avec des chaînes de valeur fortement intégrées”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un atelier national sur l’investissement local dans les opérations pétro-gazières.

Pour Baidy Agne, la souveraineté énergétique du pays exige “une présence massive des capitaux locaux” sur tous les maillons de la chaîne industrielle.

Il exhorte les opérateurs économiques nationaux à investir sans réserve dans les activités clés, allant de la phase d’exploration et de production jusqu’au raffinage, au transport, au stockage, à la liquéfaction et au développement de la pétrochimie.

Tout en réaffirmant son “ancrage historique” dans la défense du contenu local, le président du Conseil national du patronat a invité ses pairs à faire preuve de réalisme économique face aux investissements colossaux qu’exigent des projets majeurs comme le gisement Yakaar-Teranga.

“Le secteur privé national doit mesurer ses capacités. Si nous n’avons pas la capacité de réaliser certains investissements, l’État doit faire recours à l’investissement direct étranger pour que le pays génère plus d’emplois et de croissance”, a-t-il préconisé, ajoutant qu’il incombe avant tout aux privés de “se mobiliser et de créer leurs propres ressources”, plutôt que de se défausser systématiquement sur le secteur bancaire.

Pour le patronat sénégalais, la sécurisation des investissements locaux face aux risques de l’industrie extractive passe avant tout par des réformes juridiques fortes.

Le président du CNP demande à l’État d’apporter des “réponses fermes” sur la question de l’expropriation, qui demeure une source d’inquiétude pour les chefs d’entreprise.

Sur le plan contractuel, M. Agne exige “une transparence totale” dans les négociations directes avec les compagnies internationales pour éviter l’éviction du secteur privé local.

Selon lui, cette confiance repose sur une stabilité réglementaire durable et un cadre juridique protecteur pour les acteurs nationaux.

S’exprimant sur le partenariat entre le privé local et les entreprises publiques, Baidy Agne a évoqué le lancement récent par le Fonds souverain des investissements stratégiques (FONSIS), d’un appel d’offres international pour une centrale électrique de 500 mégawatts, ”sans critères de discrimination positive pour le tissu industriel local”.

“Sous l’ancien régime, nous avions acté que les IPP [investissements publics privés] devaient être exclusivement portés par des Sénégalais […] Lancer un appel d’offres international sans aucune réserve pour les nationaux est un recul”, a-t-il déploré.

Le président du CNP a renvoyé le secteur privé national à ses propres responsabilités, fustigeant les querelles internes et “l’esprit de corporation” qui nuisent, soutient-il, à l’émergence de champions locaux.

“À chaque fois qu’un marché est attribué à un privé sénégalais, tous les autres se lèvent pour contester. Si nous ne réglons pas ces contradictions internes, nous ne pourrons pas bâtir un contenu local efficace”, a averti Baidy Agne.

CS/BK/MTN