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Dakar, 1 avr (APS) – Le secteur public de la santé du Sénégal ne compte qu’un seul spécialiste paramédical de la prise en charge du trouble du spectre de l’autisme recruté par le ministère de tutelle, a-t-on appris du responsable de l’unité de pédopsychiatrie ”Keur Khaleyi” de l’hôpital Fann, à Dakar, le professeur Lamine Fall.
‘’Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul professionnel paramédical dédié à la prise en charge de l’autisme recruté par le ministère en charge de la santé. Alors, nous faisons recours à des prestataires qui nous viennent de temps à autre du privé’’, a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à l’APS dans le cadre de la célébration, jeudi 2 avril, de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.
Martelant que la prise en charge de l’autisme ne doit souffrir d’aucune rupture dans le traitement des patients, le responsable de l’unité de pédopsychiatrie Keur Khaleyi de l’hôpital de Fann estime être obligé, face à une telle situation, de recourir à des praticiens retraités, dont certains depuis plus de 10 ans, pour des vacations, deux fois par semaine.
‘’Ce n’est pas évident, mais nous sommes obligés de le faire, parfois avec une augmentation du tarif de leur prestation’’, a-t-il fait savoir, précisant toutefois que cette trouvaille ne garantit pas pour autant la rupture des soins pour les patients atteints d’autisme.
Cette solution de fortune, qui a un coût, est guidée, selon le responsable de l’unité de pédopsychiatrie de Fann, par le souci de leur trouver plus tard des contrats à durée indéterminé.
Selon lui, la prise en charge de l’autisme se heurte à de nombreuses insuffisances, notamment en infrastructures, en formation des spécialistes et en ressources humaines.
”Les ressources humaines dédiées à la prise en charge de l’autisme au Sénégal ont diminué depuis les débuts du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Fann, inauguré en 1993 avec l’appui de la coopération internationale alors qu’il y avait auparavant beaucoup de spécialistes, notamment des psychomotriciens, des orthophonistes, des pédopsychiatres, des psychologues”, a-t-il déclaré.
L’absence de structures de formation des intervenants dans la prise en charge de l’autisme explique le manque de ressources humaines qualifiées en nombre suffisant, a-t-il indiqué.
”Beaucoup d’intervenants dans la prise en charge de l’autisme au Sénégal, partis à la retraite ou malheureusement décédés, n’ont pas été remplacés, parce qu’il n’existe pas au Sénégal de structures de formation, notamment en orthophonie, psychomotricité, les ergothérapeutes’’, a relevé l’universitaire.
L’autisme est un trouble neurodéveloppemental durable se manifestant dès la petite enfance (avant 3 ans) par des différences dans la communication sociale, les interactions, et des comportements et intérêts restreints ou répétitifs. Sa prise en charge nécessite de la patience et des traitements prodigués par plusieurs spécialistes.
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