SENEGAL-AGRICULTURE-ENVIRONNEMENT
De l’envoyé spécial de l’APS, Thierno Abdourahmane Ba
Fimela, 15 juil (APS) – Des femmes venues de plusieurs villages de la zone agropastorale du nord du Sénégal sont formées à l’agroécologie au centre d’incubation de Kaydara, dans la région de Fatick (centre), à l’initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
La formation fait partie des activités des projets Ripostes (Projet de résilience et de reforestation intensive pour la sauvegarde des territoires et des écosystèmes au Sénégal) et PVA (Projet de valorisation des potentialités agricoles et écosystémiques pour la résilience des communautés), mis en œuvre tous les deux par la FAO. Elle sert à renforcer la ‘’résilience’’ des femmes aux effets du changement climatique et à augmenter leurs revenus, selon l’agence onusienne.
Kaydara est une ferme agroécologique implantée dans la commune de Fimela. Avec l’aide de la FAO, son centre d’incubation forme des jeunes et des femmes aux métiers liés à l’agroécologie, c’est-à-dire les méthodes de production agricole respectueuses de l’environnement.
Les femmes bénéficiaires de la formation sont membres de différents groupements d’intérêt économique (GIE). Sélectionnées dans plusieurs communes, elles bénéficient d’une formation de six mois.
Le centre de Kaydara est, depuis plusieurs années, un ‘’partenaire stratégique’’ de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le but du partenariat est de former des femmes et des jeunes aux pratiques agroécologiques, selon la coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Binta Stephen Tchicaya.

‘’Nous avons fait venir des femmes de plusieurs horizons, de la zone agropastorale notamment, pour leur apprendre les pratiques agroécologiques. Nous espérons qu’elles pourront former d’autres femmes et vulgariser ce qu’elles ont appris ici’’, a dit Mme Tchicaya.
Elle précise que la formation porte sur les techniques d’ensemencement, l’agriculture climato-intelligente, la gestion durable des sols et les méthodes de production permettant d’obtenir de bons rendements (produits agricoles, forestiers, etc.), tout en recourant le moins possible aux engrais chimiques.
Selon la fonctionnaire de la FAO, le but de la formation est également de promouvoir une agriculture biologique, de produire une alimentation saine et d’accroître la valeur ajoutée des exploitations agricoles familiales des bénéficiaires, grâce à la transformation de la production.
Après une phase de renforcement des capacités de production des bénéficiaires, la FAO compte soutenir les GIE auxquels appartiennent les femmes en installant des ouvrages hydrauliques dans leur ferme, selon Binta Stephen Tchicaya.
Le soutien va consister aussi à entourer les fermes exploitées par les femmes de grillages de protection.
‘’Il s’agit de les former davantage, de les équiper et de leur fournir un encadrement, afin qu’elles puissent produire et transformer les produits biologiques, générer davantage de revenus et contribuer à la sécurité alimentaire de leur famille’’, a expliqué la coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.
Le coordonnateur et gestionnaire national des projets Ripostes et PVA, Ibra Sounkarou Ndiaye, signale que la formation dispensée aux femmes renforce le partenariat noué depuis 2022 par la FAO et le centre d’incubation Kaydara.

‘’Ripostes est un projet de résilience et de reforestation intensive, qui intervient dans la zone agropastorale et le bassin arachidier, pour une période de cinq ans’’, a précisé M. Ndiaye.
‘’Nous avons identifié des jeunes ayant fait preuve d’un remarquable intérêt pour l’agriculture et la lutte contre le changement climatique. Notre objectif est de faciliter leur accès à la terre, qui est une problématique majeure de la zone agropastorale’’, a-t-il expliqué.
D’après Ibra Sounkarou Ndiaye, la FAO aide en même temps les femmes à ‘’sécuriser’’ leurs terres et à accéder aux intrants agricoles.
‘’L’agroécologie est un levier essentiel pour l’édification de la Grande Muraille verte (un projet de lutte contre le changement climatique et la désertification, mis en œuvre par l’Union africaine), la restauration des terres dégradées et la lutte contre la désertification et le changement climatique’’, a souligné M. Ndiaye.
Dix jeunes et 20 femmes ont déjà bénéficié de l’encadrement de la FAO, selon lui.
L’initiative PVA est financée par l’Irlande, et le projet Ripostes par l’Union européenne.

‘’La coopération irlandaise a souhaité soutenir prioritairement l’autonomisation des femmes. Nous leur facilitons également l’accès à la terre et les assistons dans la valorisation des produits forestiers non ligneux’’, a assuré le coordonnateur et gestionnaire national des projets Ripostes et PVA.
Les femmes produisent de la gomme arabique et d’autres produits forestiers non ligneux, qui génèrent d’importants revenus pour elles, a-t-il signalé.
‘’Outre ce qu’elles produisent dans les fermes agroécologiques, les femmes mènent des activités de transformation qui leur permettent d’augmenter leurs revenus et de renforcer leur autonomie économique’’, a dit Ibra Sounkarou Ndiaye.
Couna Ndiaye, s’exprimant au nom des femmes de la zone agropastorale, salue l’infinitive de la FAO. Grâce à l’agence onusienne, elles maîtrisent les techniques agroécologiques, qu’elles pourront ensuite vulgariser dans leur terroir, selon Mme Ndiaye. Elle a demandé à la FAO d’aider les femmes à cultiver des cocotiers et d’autres arbres fruitiers.
Elles vont bientôt entamer la mise en œuvre d’un projet agricole de 100 hectares, d’après leur porte-parole.
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