SENEGAL-SOCIETE
Ziguinchor, 30 mars (APS) – Au marché Saint-Maur–des Fossés de Ziguinchor appelé aussi marché Boucotte, boutiques, cantines et étals sont bien approvisionnés mais les clients ne sont pas encore au rendez-vous, laissent entendre les commerçants.
En cette journée ensoleillée, les abords du haut lieu de commerce sont plongés dans les bruits des moteurs des vélos taxis communément appelés Jakarta. Les conducteurs attendent les clients à l’image des chauffeurs de taxis garés non loin.
A l’intérieur, les commerçants sont bien dans leurs cantines, mais les clients manquent à l’appel ou achètent rarement, disent-ils.
”Il n’y a pas de clients. Les gens n’ont pas d’argent. D’habitude à pareil moment, je faisais des recettes entre 70.000 et 80.000 francs CFA par jour. Il y a des moments où je passe toute une journée sans recevoir de clients’’, confie Abdou Diouf, un vendeur de tissus.
Non loin de lui, une vendeuse, assise devant un étal de tissus, de chaussures et d’habits pour enfants déclare que ‘’les affaires ne marchent pas’’. ‘’J’ai dû baisser les prix de mes articles mais toujours rien. Les gens n’achètent pas ou achètent rarement’’, soutient-elle.
Mouhameth Thiam, vendeur de chaussures, affirme avoir du mal à épuiser son stock. ‘’Depuis deux semaines, mon stock de chaussures n’est toujours pas épuisé, alors que par le passé, sur un mois, je faisais plusieurs fois le voyage à Dakar. Depuis ce matin aucun client n’est encore passé’’, regrette-t-il.
Abdou Diop espère lui aussi vendre plus facilement ses sacs d’oignons et de pommes de terre. ‘’Mes oignons sont entassés depuis des semaines. Pour le moment, il y a peu de clients’’, déclare t-il.
En face de lui, Rokha Mané, une vendeuse de légumes, guette l’arrivée des clients. ‘’C’est difficile ces derniers temps. Les affaires ne marchent pas pour le moment. Le marché est bien approvisionné, mais nous attendons. Les clients viennent au compte goutte’’, dit-elle.
‘’Le marché est certes bien approvisionné en pommes de terre et oignons. Je vends le kilogramme de pomme de terre à 700 francs CFA et celui de l’oignon à 600 francs CFA’’, a fait savoir Mamadou Talla Gaye, qui constate lui aussi la rareté de la clientèle.
Dans cet environnement morose, la vente de poulets semble se porter mieux.
‘’’Les poulets se vendent quand-même. Il m’arrive découler plus de dix poulets par jour’’, confie un vendeur. Un autre, trouvé au quartier Hlm Néma déclare: ‘’ça marche bien ici. Durant cette période, je peux vendre plus de 30 poulets par jour’’.
Chez certains tailleurs, l’affluence est faible. Dans un atelier, au marché Nguélaw de Ziguinchor, El Hadji Abdoulaye Wade indique que la clientèle n’est pas encore au rendez-vous. ”Cette année, c’est vraiment calme. Les clients ne sont pas venus comme les années passées‘’, a-t-il fait observer.
‘’Nous n’avons pas vu de clients cette année. Les gens sont préoccupés par la recherche de nourriture. Il n y a pas d’argent. C’est difficile. J’ai épuisé depuis les quelques commandes que j’avais reçues. Je reste comme ça sans rien faire pour le moment”, confie Fallou Galass Lo, un jeune tailleur.
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