AFRIQUE-EPIDEMIE-POINT
Dakar, 24 août (APS) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décliné, lundi marquant le centième du déclenchement de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, cinq priorités visant dans les prochaines semaines à prendre un coup d’avance sur la maladie qui a déjà été fatale à 2. 642 personnes.
Par la voix de sa directrice régionale des urgences en Afrique, le docteur Marie Roseline Belizaire, l’OMS a notamment déclaré vouloir prendre un coup d’avance sur l’épidémie à travers la mise en œuvre de cinq priorités.
Dans des propos rapportés par Onu-info, le site d’information des Nations unies, la responsable de l’OMS évoque le renforcement du rôle des communautés, l’intensification de la surveillance et du suivi des cas contacts.
Le docteur Belizaire parle également d’une meilleure protection des soignants et d’une consolidation de la préparation transfrontalière, avec l’objectif de porter le suivi des contacts à 95 %, et la capacité de prise en charge jusqu’à 3 000 lits.
Cent jours après la déclaration de l’épidémie en RDC, près de 90 cas confirmés d’Ebola ont été recensés chaque jour en moyenne, un rythme supérieur à celui des épidémies de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest et de 2018-2020 en RDC, a souligné le même jour à Genève, l’OMS.
L’agence onusienne en charge de la santé fait état de 5.515 cas et 2.642 décès, soit un taux de mortalité de près de 48 %. L’épidémie touchant désormais six provinces, avec l’Ituri demeurant l’épicentre et couvrant environ 85 % des cas et 79 % des décès.
‘’Nous pouvons maîtriser cette épidémie, mais seulement grâce à une intensification des actions dans les communautés touchées’’, a souligné lundi le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, non sans rappeler l’importance d’une réponse conduite par les autorités nationales et locales, dotée des ressources nécessaires et soutenue par une mobilisation résolue des partenaires.
En 100 jours, la riposte a considérablement gagné en ampleur et en capacité. Le dispositif de dépistage est passé d’un seul site à 19 laboratoires, désormais capables d’analyser plus de 3.000 échantillons par jour, a-t-il assuré dans une déclaration rapportée par la même source.
Le directeur général de l’OMS a, en même temps, signalé que la capacité de prise en charge des patients est en 100 jours de moins de 10 lits à plus de 1.300, tandis que les activités d’engagement communautaire ont permis d’atteindre plus de 2,5 millions de personnes. Selon le docteur Ghebreyesus, le suivi des contacts est passé de 9 % lors de la première semaine de l’épidémie à 84 % au 18 août.
Révélant avoir déployé plus de 260 experts, acheminé plus de 330 tonnes de fournitures médicales et logistiques essentielles et alloué 5, 6 millions de dollars aux opérations d’urgence, l’OMS assure que les efforts scientifiques se sont intensifiés, avec des essais cliniques sur des traitements potentiels, l’évaluation de vaccins candidats et le déploiement du premier test moléculaire de diagnostic du virus Bundibugyo.
Par ailleurs, les décès survenus en dehors des centres de traitement ont représenté environ 60 % des 260 décès hebdomadaires enregistrés au cours des six dernières semaines, mettant en lumière les difficultés persistantes à détecter précocement les cas, à orienter rapidement les malades vers les structures de soins et à leur assurer un accès au traitement, estime l’OMS.
L’agence onusienne fait en même temps savoir que la mortalité parmi les patients admis dans les centres de traitement peut refléter une prise en charge tardive, à un stade déjà avancé de la maladie.
La propagation se poursuit en outre dans les foyers actifs, tandis que des cas apparaissent dans de nouvelles zones. Insécurité, déplacements de populations, attaques contre les établissements de santé et difficultés d’accès continuent d’entraver la riposte.
AKS/SMD