SENEGAL-AGRICULTURE
Niakhène, 28 avr (APS) – Les maigres récoltes du dernier hivernage font craindre une pénurie de vivres dans les villages de la commune de Niakhène, située dans le département de Tivaouane (ouest).
Trouver à manger jusqu’aux prochaines récoltes est une équation difficile à résoudre pour beaucoup de ménages vivant dans cette municipalité.
L’agriculture et l’élevage sont essentiellement, comme dans la plupart des communes sénégalaises, les sources de revenus et de nourriture pour les habitants de Niakhène et des villages voisins.
Par un matin de saison sèche, le village chef-lieu de commune est baigné de soleil. Ses champs s’étendent à perte de vue. Il règne un silence inhabituel. Les cultures de mil, d’arachide et de niébé de la dernière saison des pluies n’ont presque rien donné, selon des personnes interrogées.
‘’Rien’’, souffle un cultivateur assis sur un bidon renversé, au bord de son champ, lorsqu’on lui demande ce qu’il a récolté. Autour de lui, le sol est sec. Les pluies se sont raréfiées au cours du dernier hivernage.
À Niakhène, les ménages sont confrontés aux conséquences des pluies presque inexistantes au cours du dernier hivernage. Les repas sont réduits au strict minimum par souci du lendemain. Les femmes, très économes, gèrent minutieusement les maigres réserves de céréales, un semestre après l’hivernage.
‘’Les paysans n’ont presque rien récolté’’, confirme le maire de Niakhène, Serigne Maï Dieng.
La situation décrite par le maire en quelques mots met l’économie rurale de cette partie du département de Tivaouane presque à l’arrêt.
À quelques kilomètres du village de Niakhène, un éleveur surveille son troupeau de vaches. L’une d’elles est couchée au sol, une autre tente difficilement de se lever. Le tapis herbacé a disparu depuis plusieurs semaines. L’eau, comme la nourriture des habitants de Niakhène, s’est raréfiée. ‘’Nous regardons le cheptel mourir tête par tête’’, s’inquiète le berger.
Le bétail meurt, au fur et à mesure que la saison sèche progresse. ‘’Il ne se passe pas un jour sans la mort d’un animal’’, s’inquiète Serigne Maï Dieng.
L’élevage est l’une des principales activités économiques de cette commune. La disparition du cheptel est amèrement ressentie.
De Niakhène à Pékesse, de Darou Mousty à Méckhé, les villages sont confrontés à la rareté des pluies, un fléau qui s’annonçait depuis plusieurs années.
La commune de Niakhène est confrontée à une irrégularité de la pluviométrie et à un appauvrissement de ses sols. La mairie, elle, promet de venir en aide aux populations. ‘’Même si nous ne pourrons aider que 200 personnes, nous le ferons’’, promet M. Dieng, tout en se souciant des ‘’fortes contraintes financières’’ de la municipalité.
La commune voisine de Koul est moins affectée que Niakhène. ‘’Mais les récoltes sont insuffisantes à cause du déficit pluviométrique’’, témoigne son maire, Modou Fall.
Selon M. Fall, la mairie s’apprête à distribuer des vivres. ‘’Nous ciblons les ménages les plus vulnérables’’, dit-il.
MKB/ADI/ESF/SMD

