Amadou Bâ appelle à bâtir une industrie cinématographique créatrice d’emplois
Amadou Bâ appelle à bâtir une industrie cinématographique créatrice d’emplois

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 10 janvier (APS) – Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, a appelé à faire du cinéma sénégalais une véritable industrie génératrice d’emplois, de richesses et de rayonnement culturel, mardi à Dakar, à l’ouverture d’un atelier d’orientation pour l’élaboration du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique 2026-2030

”Nous sommes réunis pour penser collectivement l’avenir du cinéma sénégalais, non seulement pour célébrer nos acquis, mais surtout pour affronter nos défis et tracer une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2030”, a déclaré le ministre lors de cette rencontre de trois jours.

Selon lui, cet atelier s’inscrit dans une dynamique nationale plus large qui va culminer avec l’organisation prochaine des États généraux de la culture, destinés à définir les orientations stratégiques de la politique culturelle du Sénégal.

‎Rendant hommage aux pionniers du cinéma sénégalais, dont Ousmane Sembène, Safi Faye, Paulin Soumanou Vieyra et Momar Thiam, Amadou Bâ a souligné la contribution majeure du septième art dans l’écriture de l’histoire contemporaine du pays et dans son rayonnement international.

Il a rappelé les nombreuses distinctions remportées par les cinéastes sénégalais entre 2012 et 2026, notamment des prix majeurs à Carthage, au FESPACO, à Berlin et Cannes, ainsi que le succès croissant des séries télévisées sénégalaises sur les marchés africains et internationaux.

Le ministre a également salué la mémoire de l’actrice Halima Gadji et d’autres professionnels du secteur récemment disparus.

Il a toutefois relevé la fragilité de l’écosystème du cinéma national, marquée par l’insuffisance des infrastructures de diffusion, la faiblesse des mécanismes de financement et l’étroitesse du marché, tout en rendant un hommage appuyé aux producteurs qu’il a qualifiés de ”pilier central de la chaîne de valeur”.

‎”Il nous faut transformer notre cinéma en une véritable industrie”, a-t-il insisté, citant un rapport de l’UNESCO (2021), selon lequel l’Afrique pourrait générer jusqu’à 20 milliards de dollars par an dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel, si les conditions structurelles étaient renforcées.

Le ministre a évoqué plusieurs chantiers prioritaires, dont la révision du Code de la cinématographie, la création d’un Centre national de la cinématographie, la mise en place de la Cité du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que le renforcement du financement à travers des mécanismes innovants.

Amadou Bâ a également encouragé l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans la création audiovisuelle, estimant que ces technologies offrent des opportunités pour réduire les coûts, renforcer la créativité et valoriser le patrimoine culturel.

‎Il a appelé à un investissement accru dans la formation et l’insertion professionnelle, en plaidant pour une industrie inclusive, accessible aux jeunes et aux personnes en situation de handicap.

M. Bâ a enfin invité les participants à formuler des propositions concrètes, assorties d’objectifs clairs, d’actions hiérarchisées, de mécanismes de financement et d’un calendrier d’exécution, en vue de donner une nouvelle impulsion au cinéma sénégalais.

‎”Le cinéma sénégalais a toujours été un art de liberté et d’engagement. Puisse cet atelier renforcer cette double exigence”, a-t-il conclu.

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MK/BK