MONDE-POLITIQUE-PROFIL
Dakar, 2 mars (APS) – Ali Hossaini Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, a été assassiné samedi à Téhéran dans un bombardement américano-israélien, ultime chapitre d’une vie certes tragique mais entièrement consacrée à la défense des idéaux de la révolution iranienne de 1979 et à l’insoumission à tout diktat externe imposé à son pays.
Le monde s’est réveillé le 28 avril 2026 avec le déclenchement d’une vague de frappes aériennes sur la République islamique d’Iran. Il s’est couché le même jour avec la confirmation de l’assassinat du Guide suprême de la révolution iranienne Ali Hossaini Khamenei à l’âge de 86 ans, après que sa résidence a été prise pour cible par les armées américaines et israéliennes.
Un bouleversement dramatique qui laisse la République islamique d’Iran orpheline de sa plus haute autorité politique et religieuse depuis 37 ans. Un cerveau stratégique dont le magistère a été placé sous le sceau de la poursuite de la voie tracée par son maître, Rouhollah Khomeini, leader historique de la révolution iranienne ayant débouché sur le renversement en 1979 du Shah Mohammad Reza Pahlavi.
Gardien intransigeant des principes et des valeurs de la révolution iranienne, Ali Khamenei incarnait à la tête de la République islamique d’Iran, le refus de toute ingérence extérieur. En dépit des dures sanctions imposées à son pays par les pays occidentaux, il était resté sur la voie d’un souverainisme reposant sur le droit de la République islamique d’Iran de se doter des moyens de se défendre.
Un choix aux conséquences sans doute pénibles pour la majorité des Iraniens qui subissent depuis des décennies les conséquences désastreuses des sanctions occidentales. Résultat : le pays vit depuis plusieurs années au rythme de révoltes ayant par moments fait vaciller la République islamique, mais la révolution est à chaque fois parvenue à se maintenir au prix de nombreuses vies.
Le défunt guide, père de six enfants, quatre garçons et deux filles, a poussé le plus loin possible cette intransigeance, jusqu’au refus de soumettre son pays à tout compromis pouvant le priver de la technologie nucléaire, comme le légitime le Traité de non-prolifération nucléaire signé le 1er juillet 1968 par l’Iran.
C’est que l’amoureux de poésie et de littérature française dans sa prime jeunesse, issue d’une famille religieuse et modeste de huit enfants, a été très vite séduit par l’idéologie révolutionnaire de Khomeini, au point d’être un des acteurs du processus, bien que n’étant pas membre du premier cercle du guide historique de la révolution iranienne.
Il n’empêche, le natif de Machhad, parmi les villes saintes d’Iran, pouvait se targuer d’une certaine légitimé de par sa lignée. Il se dit qu’il descend du prophète Mohamed (PSL). Il détenait d’ailleurs le titre de “Seyyed”, attribué aux descendants du prophète de l’islam, les seuls habilités dans le chiisme, à porter un turban noir.
Très actif dès le début du processus révolutionnaire, celui qui terminera Maria-e taglid (grand ayatollah), grade le plus élevé chez les Chiites, avait fait l’objet de plusieurs arrestations dans les années 1970, ponctuées, par des séjours carcéraux.
Aussi, n’a-t-il pas été surprenant de le voir devenir dès 1979, vice-ministre de la Défense, dans le premier gouvernement révolutionnaire de l’Iran. Il parvint à gagner la confiance du guide suprême de la révolution, lequel le nomme quelques mois plus tard au poste d’imam de la prière du vendredi à Téhéran.
C’est dans les habits d’imam que la vie d’Ali Khamenei connait un grand basculement à la suite de l’échec d’une tentative d’assassinat contre sa personne, un attentat à la bombe survenu le 27 juin 1981 à la mosquée d’Abuzar, dans la capitale iranienne.
Les séquelles de cette tentative d’assassinat le marqueront à jamais. Il s’en était sorti après plusieurs mois de convalescence avec un certain nombre de handicaps. Le successeur de l’Imam Khomeini devait continuer à vivre avec des cordes vocales et des poumons défectueux, en ayant également perdu l’usage de son bras droit.
Prédestination ou récompense ? Toujours est-il qu’il est élu le 2 octobre 1981, président de la République Islamique d’Iran, en remplacement de Mohammad Ali Radjaï, assassiné deux mois avant.
Réélu en 1985 pour un deuxième mandat, Ali Khamenei est choisi à l’âge de 50 ans pour prendre la succession du Guide historique et suprême, Khomeini, décédé en 1989, à l’âge de 86 ans. Le même nombre d’années que les deux hommes ont vécu sur terre.
Ali Khamenei, dont on disait qu’il se savait menacé, a dernièrement nommé trois mollahs seniors comme candidats potentiels à sa succession. Ultime précaution de la part d’un leader qui a appris de la vie à tirer le meilleur parti de la tragédie.
AKS/BK/SMD

