SENEGAL-ECONOMIE
Dakar, 17 sept (APS) – La transformation structurelle de l’économie sénégalaise va d’abord reposer sur le secteur privé, qui porte l’effort de création de richesses et d’emplois, a dit le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, jeudi, à Dakar, en s’adressant aux entrepreneurs privés du pays.
Il a assuré les membres du secteur privé de la volonté du gouvernement de convertir les réformes déjà engagées en ‘’services accessibles, rapides et effectivement utilisés’’.
La transformation structurelle de l’économie sénégalaise ‘’ne se fera pas par la seule volonté de l’État. Elle reposera d’abord sur vous, les entrepreneurs industriels, les commerçants et les investisseurs, qui portez chaque jour l’effort de création de richesses et d’emplois’’, a-t-il dit au début d’une réunion de prise de contact avec le secteur privé.
‘’L’État n’a ni la vocation ni les moyens de se substituer à l’initiative privée. Son rôle est désormais celui d’un État stratège : fixer le cap, réguler, sécuriser l’investissement et lever les contraintes au développement de l’initiative privée’’, a ajouté le Premier ministre.
‘’Ce que l’État doit surtout à l’entreprise, c’est la prévisibilité des règles, la célérité de l’action administrative et le paiement de ses dettes. Sous ce dernier registre, je voudrais vous rassurer : l’apurement de la dette intérieure sera conduit à son terme’’, a assuré Ahmadou Al Aminou Lo, martelant que le secteur privé national ‘’ne sera pas une variable d’ajustement de la trésorerie publique’’.
D’après lui, le défi auquel le Sénégal est confronté ‘’n’est donc plus de concevoir des réformes supplémentaires, mais de convertir celles qui existent déjà en services accessibles, rapides et effectivement utilisés’’.
C’est le sens des chantiers que le gouvernement compte finaliser ‘’avant la fin de cette année’’, a-t-il dit en parlant des textes d’application du Code des investissements de 2025 et du cadre rénové des partenariats public-privé.
Ces deux textes ‘’garantiront la sécurité juridique, la protection contre l’expropriation et la liberté de transfert des capitaux’’, a promis Ahmadou Al Aminou Lo.
Il annonce, par ailleurs, que le Code général des impôts et le Code général des douanes ‘’seront soumis [aux] commentaires et observations’’ du secteur privé national.
Le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique sera ‘’finalisé’’ en même temps, selon M. Lo.
Le gouvernement va veiller, ‘’conformément aux orientations du chef de l’État, à l’application consensuelle des recommandations des états généraux de l’industrie, du commerce et des PME/PMI’’, a assuré le Premier ministre.
Il a réitéré l’ambition des pouvoirs publics de sortir l’économie sénégalaise de sa ‘’dépendance multiforme, pour construire une économie productive, industrialisée et créatrice de valeur ajoutée locale’’.
‘’Cette transformation n’est pas une option ; elle est une nécessité’’, a-t-il soutenu, faisant ensuite observer que la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le produit intérieur brut du Sénégal ‘’ne dépasse guère 20 % depuis une décennie’’.
Les entreprises installées au Sénégal ‘’peinent à gagner des parts de marché importantes dans les grands travaux de l’État’’, a reconnu Ahmadou Al Aminou Lo.
‘’Elles restent pour la plupart confinées sur le territoire national, ne pouvant profiter des opportunités offertes par nos espaces intégrés de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la ZLECAf. La formalisation de bon nombre d’entreprises demeure incomplète’’, a-t-il observé, estimant que ‘’nous devons inverser cette trajectoire, filière par filière, territoire par territoire’’.
De l’avis du Premier ministre, cela ‘’suppose de construire, autour de nos ressources naturelles et agricoles, de nos avantages comparatifs sur les services aussi, de véritables chaînes de valeur intégrées, capables de capter une part croissante de la valeur ajoutée nationale’’.
‘’Il s’agit également de consolider nos zones économiques spéciales et nos pôles industriels aménagés, et de faire du contenu local, dans la commande publique comme dans les grands projets d’investissement, un principe d’action et non une simple déclaration d’intention’’, a-t-il expliqué.
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