Affaire Softcare : la cheffe de la mission d’information parlementaire préconise une ”enquête plus approfondie”
Affaire Softcare : la cheffe de la mission d’information parlementaire préconise une ”enquête plus approfondie”

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Dakar, 2 oct (APS) – La députée Khady Sarr, cheffe de la mission d’information parlementaire sur l’affaire SOFTCARE, a préconisé, vendredi, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour approfondir les investigations et faire la lumière sur les dysfonctionnements relevés dans le dossier mettant en cause cette société spécialisée dans les produits d’hygiène, filiale d’un groupe chinois.

L’affaire Softcare porte a été déclenchée par l’annonce de la découverte, en décembre 2025, de matières premières périmées dans une usine de la société Softcare.

“Notre mission n’a pas la prérogative de juger une quelconque partie. Nous avons mené des enquêtes et le rapport a été très clair. Pour approfondir les recherches, nous recommandons de passer à une commission d’enquête parlementaire”, a-t-elle déclaré la députée, présidente de la commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale de l’Assemblée nationale.

Selon Khady Sarr, une mission d’enquête permettrait de mettre en évidence les différentes failles constatées et de proposer des mesures correctives dans l’intérêt des populations sénégalaises.

Revenant sur les limites du travail de la mission parlementaire, Khady Sarr a précisé que l’Assemblée nationale ne dispose pas de la prérogative de réaliser elle-même des expertises scientifiques, mais peut recourir à des compétences extérieures, notamment celles de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, de l’Institut Pasteur de Dakar ou de laboratoires étrangers.

La mission avait envisagé de solliciter ces expertises, mais n’a pas pu le faire en raison de l’indisponibilité d’échantillons des matières premières incriminées. “Si nous avions disposé de cette matière première, nous aurions procédé à une expertise, voire à une contre-expertise à travers plusieurs laboratoires”, a-t-elle expliqué.

La parlementaire a toutefois confirmé la présence, sur le site de Sindia, de matières premières étiquetées et de produits finis en cours de conditionnement, tout en précisant que ces éléments ne correspondaient pas nécessairement à l’alerte initiale, la visite de terrain étant intervenue après la mise en œuvre du plan instauré par les inspecteurs pharmaciens.

La cheffe de la mission parlementaire a également relevé l’absence de laboratoire fonctionnel au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, une situation qu’elle considère comme une lacune dans le dispositif de contrôle.

La députée a appelé, dans ce contexte, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique à mettre en place un mécanisme de veille et d’alerte permettant de renforcer les échanges avec les citoyens et de mieux prendre en compte les préoccupations des consommateurs.

Khady Sarr a, par ailleurs, attiré l’attention sur les conditions de travail au sein de l’entreprise, évoquant des cas de renouvellement répété de contrats à durée déterminée (CDD), relevés au cours des inspections.

Elle a estimé que les dispositions récemment révisées en matière de protection sociale et de droit du travail devraient contribuer à remédier à ces pratiques.

La présidente de la mission parlementaire a enfin rendu hommage aux lanceurs d’alerte dont l’action a permis de déclencher la procédure d’investigation des parlementaires, notamment Guy Marius Sagna et Thierno Baro Ly.

La parlementaire a également plaidé pour que ce dernier puisse bénéficier de la protection prévue par la nouvelle loi sur les lanceurs d’alerte, une fois celle-ci promulguée et mise en application.

NSS/ADL/HB/BK