Abdoulaye Sène, ingénieur hydraulicien : ‘’Au Sénégal, nous avons une excellente formation aux métiers de l’eau’’
Abdoulaye Sène, ingénieur hydraulicien : ‘’Au Sénégal, nous avons une excellente formation aux métiers de l’eau’’

SENEGAL-DEVELOPPEMENT

Dakar, 22 fév (APS) – L’ingénieur hydraulicien Abdoulaye Sène, membre de la première promotion de l’École polytechnique (EPT) de Thiès (ouest), trouve excellent le niveau de la formation aux métiers de l’eau au Sénégal.

‘’Nous avons une excellente formation au Sénégal. À l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, il y a aussi ce qu’on appelle l’EDEQUE, l’École doctorale eau, qualité et usages de l’eau’’, a signalé M. Sène dans une interview accordée à l’APS.

Le Sénégal doit avoir des experts ‘’à tous les niveaux, pas seulement des ingénieurs et des chercheurs’’, a-t-il dit.

‘’L’École polytechnique de Thiès a éprouvé la qualité de sa formation en collaborant avec des ingénieurs d’autres pays. Je ne le dis pas parce que je fais partie de sa première promotion mais parce nous avons une excellente formation dans ce domaine’’, a soutenu Abdoulaye Sène, rappelant que plusieurs établissements universitaires sénégalais proposent des formations de qualité dans les domaines de l’eau et de l’assainissement.

‘’Aujourd’hui, le Sénégal est en train de renforcer sa masse critique en termes de métiers d’ingénierie. C’est quelque chose de vital, d’autant qu’il a été démontré que les pays ayant le plus grand nombre d’ingénieurs se développent plus vite et mieux que ceux qui en ont peu’’, a ajouté M. Sène.

Selon lui, l’ingénieur ne peut pas, à lui seul, réaliser un projet. ‘’Il a besoin de maçons, de plombiers, etc. C’est la raison pour laquelle on est en train de diversifier les formations’’, a expliqué l’ingénieur hydraulicien et président du Partenariat régional sur l’eau en Afrique de l’Ouest.

Il existe des collèges de métiers spécialisés, des lycées techniques et des instituts supérieurs d’enseignement professionnel, a-t-il rappelé, estimant qu’‘’il nous faut des agents techniques et des ouvriers’’. ‘’Ce sont tous les métiers qu’il faut intégrer […] pour arriver à une architecture de renforcement des capacités professionnelles.’’

‘’C’est toute cette architecture qu’il faut intégrer. On a vu SEN’EAU créer une école des métiers de l’eau. On a aussi une école des métiers techniques à Diamniadio. On est en train de développer de l’expertise par plusieurs moyens’’, a observé Abdoulaye Sène.

Il rappelle que la création de l’École polytechnique de Thiès a suscité un débat au Sénégal. ‘’Certains partenaires du Sénégal disaient que nous n’avions pas besoin de beaucoup d’ingénieurs, qu’il y avait un risque de saturation du marché. Il a fallu la clairvoyance du président Senghor pour créer l’EPT. Il a dit qu’il voulait une école d’ingénieurs pour le Sénégal et les autres pays de la région’’, s’est souvenu M. Sène.

‘’La formation doit nous permettre de maîtriser les données, de développer des technologies et de dérouler des programmes avec une expertise essentiellement sénégalaise. On est sur la bonne voie’’, a-t-il dit, affirmant : ‘’C’est ce que j’appelle souveraineté.’’

MFD/ADC/ESF/AKS