SENEGAL-AGRICULTURE-REPORTAGE
Wendou Bosséabé, 22 avr (APS) – Le retour à l’agriculture n’est plus un slogan à Wendou Bosséabé, un village de la commune d’Orkadiéré, dans la région de Matam (nord), où la mise à disposition d’un système moderne d’irrigation a suscité un regain d’intérêt pour le travail de la terre, très souvent couplé à l’élevage.
A la sortie de ce village situé dans le département de Kanel, sur la route longeant le pont de Ganguel Soulé, non loin du bras du fleuve Dioulol, se trouve des espaces d’une superficie de 27 hectares clôturés de grillage.
Soixante-dix panneaux solaires sont installés à l’entrée de ce périmètre. A l’intérieur, un vieux bâtiment sert de local pour le gestionnaire, Abou Alassane Ndao. Il abrite également le dispositif devant faire fonctionner le solaire et le système d’arrosage.
Ici, l’irrigation se fait par aspersion, avec des têtes rotatives, qui simulent de la pluie.
Dans les jardins, des jeunes et des adultes sont déjà au travail. Certains viennent de terminer leur journée et quittent donc les lieux avec des sacs remplis d’herbe ou de produits destinés à la vente. Des charretiers attendent dehors pour le transport.
”Avant, c’est une seule personne qui payait les factures d’eau de chaque jardin, ce qui avoisinait les 2 millions de francs CFA par mois, sans compter le courant. Les villageois n’avaient qu’à venir travailler les champs, récolter et aller vendre. Aujourd’hui, le site fonctionne avec du solaire grâce à un généreux donateur”, explique Abou Alassane Ndao, le gestionnaire.
Selon lui, la solarisation du site, grâce à ce généreux bienfaiteur, fait suite à une option prise par les villageois qui ont décidé de rester trois ans sans exploiter la superficie. Ce qui a causé d’énormes préjudices à certains qui élevaient des moutons, car l’herbe se faisait rare, d’autant que chaque famille dispose, sur ce site, d’un espace qu’elle peut exploiter.
Pour Alassane Ndao, en charge de la gestion du site depuis plusieurs années, l’initiateur du projet solaire ”ne veut pas voir les jeunes et les femmes rester sans rien faire, alors qu’ils disposent d’espaces exploitables”.
”Ici, les villageois récoltent du gombo, du maïs, du niébé, de l’oseille et beaucoup d’autres produits destinés à la vente et à la consommation. Sur une superficie de 25 hectares, 23 sont exploités”, précise celui qui est revenu au village pour se consacrer à l’agriculture.
A l’en croire, les deux hectares non encore exploités seront bientôt aménagés, ajoutant que toute famille qui souhaite disposer d’autres espaces pourra en faire la demande.
Maimouna Sall, dont la famille dispose de deux champs, se félicite de la reprise des activités agricoles au sein de ce périmètre, soutenant avoir elle-même commencé à élever des moutons parallèlement à cette activité.

“Avant, on avait des problèmes pour nourrir nos bêtes, avec la rareté de l’herbe, mais aujourd’hui, toutes les femmes sont dans l’agriculture et l’élevage”, dit-elle.
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