A Timimoun, experts et cinéastes africains planchent sur les politiques cinématographiques du continent
A Timimoun, experts et cinéastes africains planchent sur les politiques cinématographiques du continent

SENEGAL-ALGERIE-CINEMA

De l’envoyé spécial de l’APS : Moussa Konté

Timimoun (Algérie), 14 nov (APS) – Une table ronde consacrée aux politiques cinématographiques en Afrique s’est tenue jeudi à Timimoun en Algérie, en marge de la projection en avant-première mondiale de la nouvelle version de ”Boomerang Atomic”, court-métrage documentaire du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb.

Les échanges, axés sur la mémoire, la souveraineté culturelle et le financement, ont trouvé un prolongement dans ”Boomerang Atomic”, qui interroge les séquelles durables sur les populations sahariennes, des essais nucléaires français menés en 1960 à Reggane en Algérie.

Le film, mêlant archives, témoignages et récits, revient sur les impacts humains, environnementaux et sociaux des essais nucléaires et de l’extraction d’uranium dans le Sahara algérien, en mettant en relief les questions de contamination, de résilience et de mémoire.

La rencontre a réuni Germain Coly, directeur de la cinématographie du Sénégal, Chaker Chikhi, directeur du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) de Tunisie, et Zine Eddine Arkab, directeur du Festival international du court-métrage de Timimoun.

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S’exprimant au nom du Sénégal, pays invité d’honneur de cette première édition, Germain Coly a souligné que le cinéma sénégalais s’est construit, dès l’indépendance, sur une forte implication de l’État à travers des infrastructures et des mécanismes de financement adaptés.

Il a mis en avant la contribution du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA), doté d’un budget annuel de deux milliards de francs CFA, qui permet aux cinéastes sénégalais d’engager des partenariats solides dès la phase de développement de leurs projets.

Selon lui, ce dispositif a favorisé une présence régulière du Sénégal ”dans la plupart des grands événements cinématographiques internationaux”.

A Timimoun, experts et cinéastes africains planchent sur les politiques cinématographiques du continent

Le secrétaire permanent du FOPICA, Aliou kéba Badiane, a de son côté, rappelé que ce fonds ”qui nous vaut aujourd’hui beaucoup de consécrations, constitue un levier central de la politique culturelle nationale”.

Germain Coly, directeur de la cinématographie du Sénégal, a également plaidé pour une intensification des coopérations Sud-Sud, citant la coproduction de ”Camp de Thiaroye” entre le Sénégal, l’Algérie et la Tunisie comme un exemple de collaboration à rééditer.

”Nous devons raconter nos propres histoires. La coproduction Sud-Sud reste essentielle à la souveraineté artistique africaine”, a-t-il insisté.

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Le directeur de la cinématographie de la République démocratique du Congo, Balufa Bakupa Kanyinda, a indiqué que son pays travaille à combler ”un vide historique” en matière de politique cinématographique, notamment à travers le Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique centrale, inauguré en 2024.

Il a souligné la nécessité de produire des images nationales fortes. ”On ne construit pas une nation sans souveraineté culturelle”, a-t-il déclaré, évoquant la création d’une cinémathèque et de programmes de formation.

Les organisateurs ont salué la présence de la délégation sénégalaise conduite par le directeur de la cinématographie, en tant que pays invité d’honneur du Sénégal à cette première édition.

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MK/MTN