A Kaffrine, un maître coranique ambitionne de produire 50 tonnes de gombo par an
A Kaffrine, un maître coranique ambitionne de produire 50 tonnes de gombo par an

SENEGAL-AGRICULTURE-AMBITIONS

Kaffrine, 24 juin (APS) – L’entrepreneur agricole, Fodé Badiane, un maître coranique établi à Diamaguène, un village de la commune de Kahi (Kaffrine, centre), ambitionne de produire jusqu’à 50 tonnes de gombo pour contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Agé d’une trentaine d’années, ce diplômé du ‘’daara’’ (école coranique) de Serigne Hady Niass de Kaffrine partage son temps entre l’enseignement coranique et l’exploitation agricole.

Dans sa ferme créée en 2021, il y exploite plus de trois hectares de gombo, auxquels s’ajoutent d’autres spéculations culturales.

Vêtu d’un caftan de style mauritanien et un râteau entre les mains, Fodé Badiane supervise les travaux de désherbage de son champ effectués avec l’appui de ses apprenants et autres collaborateurs.

A première vue, la ferme impressionne le visiteur par la qualité de ses produits, la fertilité du sol et la verdure qui s’étend sur plusieurs hectares.

Selon son promoteur, ‘’la production de gombo atteint actuellement près de trois tonnes tous les trois mois, mais l’ambition, c’est de produire cinquante tonnes de gombo annuellement’’.

L’exploitation dispose d’une clôture traditionnelle renforcée par des barbelés, d’un abri aménagé pour accueillir les visiteurs ainsi que de plusieurs équipements destinés aux activités agricoles.

A Kaffrine, un maître coranique ambitionne de produire 50 tonnes de gombo par an

Après avoir terminé ses études coraniques, il est retourné dans son village natal pour appliquer les enseignements de son guide : apprendre, pratiquer l’islam et travailler. Il décide alors de créer son propre ‘’daara’’ et, parallèlement, une ferme agricole.

‘’J’ai commencé modestement avant de me spécialiser dans la culture du gombo, une activité qui est rapidement devenue ma véritable passion. Au début, je ne maîtrisais pas les techniques culturales, mais grâce à l’appui d’un ami, j’ai appris progressivement et aménagé trois hectares’’, a expliqué Fodé Badiane.

Dans cette ferme, il est assisté par de jeunes garçons et des femmes au nombre de sept qu’il rémunère mensuellement.

‘’Ma journée se partage entre le +daara+ et la ferme. Après les cours, je rejoins systématiquement les champs’’, a-t-il confié.

Mais, aujourd’hui, malgré  les résultats obtenus, l’entrepreneur agricole fait face à plusieurs contraintes, notamment le coût élevé de l’eau.

A Kaffrine, un maître coranique ambitionne de produire 50 tonnes de gombo par an

‘’Les factures d’eau atteignent parfois 400 000 francs CFA. A cela s’ajoutent les pannes récurrentes des forages et les retards dans les réparations. Ces dysfonctionnements m’ont causé, l’année dernière, des pertes estimées à plus d’un million de francs CFA’’, a-t-il déploré.

Badiane demande plus de soutien en matière de formation, de financement et d’équipements logistiques. Il invite les jeunes et les maîtres coraniques à s’investir davantage dans l’agriculture.

‘’Notre objectif est d’exploiter l’ensemble des dix hectares dont nous disposons, en associant la culture du gombo, l’aviculture et d’autres spéculations pour créer davantage d’emplois’’, a indiqué Fodé Badiane qui compte créer le label ‘’Gombo de Diamaguène’’.

Au-delà, du gombo, M. Badiane cultive aussi le piment et l’aubergine africain pour lequel il a semé 2000 pieds.

Le chef du village de Diamaguène, Amath Ndao, a salué l’engagement de Fodé Badiane qu’il considère comme une référence pour la jeunesse locale.

”Depuis son retour au village, de nombreux enfants fréquentent son ‘’daara’’ et plusieurs jeunes s’intéressent davantage à l’agriculture et à l’agroécologie. Par son courage, son engagement et sa passion, il a créé une véritable alternative pour la jeunesse’’, a-t-il témoigné.

CTS/ADE/OID/MTN