Fatick: les paysans anticipent sur les pluies pour espérer améliorer leurs rendements
Fatick: les paysans anticipent sur les pluies pour espérer améliorer leurs rendements

SENEGAL-AGRICULTURE-POINT

Fatick, 11 juin (APS) – Les travaux champêtres ont démarré par endroits dans la région de Fatick (ouest), à l’initiative de petits producteurs qui ont pris les devants en procédant à des semis en attendant les premières pluies, dans l’espoir d’améliorer leurs rendements et de limiter les risques liés au changement climatique.

La plupart d’entre eux ont démarré leurs activités agricoles grâce aux semences issues de la précédente récolte et celles acquises dans les points de vente mis en place par la Direction régionale de développement rural (DRDR).

Pour cette présente campagne agricole, El Hadj Pathé Ciss a emblavé trois hectares destinés à la culture de l’arachide et du maïs.

“Je réserve toujours une partie de ma production pour la semence. Cela me permet de planter très tôt en attendant de disposer d’autres semences subventionnées par le gouvernement”, a-t-il expliqué.

Dans son champ de Ndiouwar, à la sortie de la ville de Fatick, il a labouré et semé toutes ses terres viables, aidés par ses proches, avec pour seuls moyens un cheval et un âne.

“J’ai un semoir pour les trois hectares, une raison suffisante pour entamer très tôt la semence, surtout pour l’arachide qui ne demande pas beaucoup d’eau pour progresser”, a-t-il confié.

A l’instar d’El Hadj Pathé Ciss, d’autres agriculteurs ont également démarré les travaux champêtres avec des semences certifiées mises à leur disposition, provenant du stock restant des récoltes de l’année passée produites par le réseau des coopératives agricoles.

“On s’organise après chaque récolte pour réserver des semences. Si l’on vend toute la production, les risques de trouver des semences à temps sont énormes, sans compter l’inflation en cas de manque”, a souligné Madou Faye, gérant du magasin de stockage de semences.

Il a indiqué que la coopérative peut distribuer jusqu’à mille tonnes de semences et d’engrais aux producteurs, adhérents ou non, précisant que les intrants reçus du ministère de l’Agriculture contribuent fortement à accompagner les producteurs.

Selon lui, les producteurs de Ndiouwar, Niakhar et une partie Ndiongolor cultivent entre trois et dix hectares d’arachide, de maïs et de mil.

Mamadou Diène Faye a, pour sa part, sollicité l’appui des autorités en matériels lourds, tels que des tracteurs, afin d’augmenter les superficies cultivables et accroître la production vivrière.

Un peu partout dans la région, les producteurs plaident pour une augmentation conséquente des engrais biofertilisants, estimant que cette initiative les aiderait à renforcer leur autonomisation économique tout en consolidant la souveraineté alimentaire.

SDI/ASB/BK