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Bakel, 12 mars (APS) – La forte chaleur, difficilement supportable à Bakel avec le Ramadan, n’entame pourtant en rien la détermination de certains ouvriers, maçons et des mouleurs de briques, toujours au taquet, malgré des températures oscillant entre 30 et 40 degrés.
La foi en bandoulière, ils ne rechignent pas à la tâche, travaillent toujours sous un soleil ardent, tout en observant le jeûne, dans une contrée entourée de pierres et de montages, une caractéristique qui contribue aux fortes températures dans ce département de la région de Tambacounda.
En cette période de jeûne combinée à de fortes températures, seules quelques rares personnes osent s’aventurer dehors, comme les motocyclistes, obligés de faire les courses de leurs clients, en s’équipant de casques et de foulards la plupart du temps, pour se protéger un peu du Soleil.
Dans des chantiers de construction, maçons et mouleurs de briques ne semblent pas avoir beaucoup le choix.
En ville, à quelques mètres du marché de légumes, des ouvriers bien équipés contre le soleil, sont à pied d’œuvre pour les dernières finitions de la pelouse d’une arène de lutte en construction. Les murs sont déjà montés, de grandes poutres métalliques inclinées formant l’ossature du toit.
Sur le sol, des tas de bois, du sable et des matériaux sont visibles sur le site. Aliou Kanté, pelle à la main, essaie de remplir un sceau de béton. Visage transpirant, ce maçon d’une trentaine d’années a modifié ses heures de travail avec le Ramadan.
”On démarre toujours à 8h mais on finit à 15h désormais. Il fait très chaud aussi, mais c’est vrai qu’avant on travaillait jusqu’à 18h”, fait savoir Aliou Kanté, reconnaissant que ses dernières réserves d’énergie ont été entamées par le jeûne et la canicule.
“J’observe le jeûne depuis le début du mois mais j’avoue que c’est très dur. Certains d’entre nous ne jeûnent même pas pour tenir longtemps sans problème”, confie le maçon.
Non loin de là, Issa, originaire du Mali, tente de percer un mur avec un marteau. Une cigarette entre les doigts, il a pris une “pause” pour le Ramadan, pour dit-il mieux travailler et terminer à temps ses charges.
”Ces trois jours, je n’ai pas jeûné. Il fait tellement chaud et finit le travail à 15h. C’est très difficile de jeûner et de travailler dans ces conditions”, souligne-t-il, donnant l’air d’être un peu soulagé de pouvoir manger et boire en plein Ramadan.
Au quartier des HLM, les ouvriers ont presque déserté les chantiers. Il a fallu faire quelques tours pour tomber sur trois artisans en train de faire le moulage des briques en plein air et sous un soleil brûlant.
Casquettes sur la tête, lunettes bien posées sur le visage et les bottes bien attachées, ils sont en train de concocter un mélange de ciment et d’eau. Âgés entre trente et quarante ans, ces pères de famille conjuguent leurs efforts pour fabriquer le maximum de briques.
”C’est très difficile de jeûner et de faire ce travail. On n’a cependant pas le choix, nous sommes des pères de famille, on doit travailler pour avoir de quoi préparer le +ndogou+”, le repas de la rupture du jeûne, déclare le plus jeune d’entre, dans un français approximatif.
En lieu et place de journées pleines, ils ont réduit leurs horaires pour des moments de répit à passer à l’abri des rayons du soleil.
“Le Ramadan est obligatoire pour les musulmans, donc on doit le faire, mais actuellement on n’utilise que 10 tonnes, alors qu’avant le Ramadan, on moulait jusqu’à 15 à 20 tonnes de sacs par jour”, poursuit-il.
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