SENEGAL-INDEPENDANCE-REPORTAGE
Thiès, 4 avr ( APS) – Il est à peine 9 heures et, déjà, la chaleur du soleil rivalise avec celle des cœurs. Sur les grandes artères de la ville de Thiès (ouest), drapeaux au vent et regards tournés vers l’avenue Caen débouchant sur la place Mamadou Dia, la foule se masse, impatiente. En ce 66-ème anniversaire de l’indépendance, Thiès tient lieu de théâtre vivant d’une nation fière de son histoire et résolument tournée vers l’avenir.
Au loin, les premières notes de fanfare déchirent le silence. Puis viennent les pas cadencés, précis, presque hypnotiques, des forces de défense et de sécurité. Uniformes impeccables, regard droit, les troupes défilent avec une rigueur qui force le respect. À chaque passage, les applaudissements fusent, les cris d’encouragement s’élèvent, mêlés aux youyous et aux chants patriotiques.
Dans la tribune officielle, le chef de l’État suit attentivement la parade. À ses côtés, une présence attire particulièrement l’attention : celle de son homologue gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma, visiblement fier de la prestation du détachement de la garde républicaine de son pays invité d’honneur de la présente édition de la fête de l’indépendance du Sénégal.
Leur cadence, élégante et maîtrisée, force l’admiration et ne manque pas d’être saluée par une salve d’applaudissements, qui n’en dit pas moins sur les liens d’amitié entre Dakar et Libreville.
Le spectacle est total. Une vingtaine de formations civiles, des élèves d’écoles de la région de Thiès et autres structures de formation passent devant la tribune officielle, rivalisent de hargne et de rythme.
Derrière elles, les unités militaires et paramilitaires imposent le respect par leur discipline et leur coordination, leur marque de fabrique. Le défilé motorisé composé de véhicules militaires blindés, des motos n’est pas en reste par le régal qu’il offre à la foule massée le long de l’itinéraire. Cerise sur le gâteau, une dizaine d’aéronefs survolent le circuit du défilé, une démonstration à la fois impressionnante et rassurante.
Pour boucler la boucle, des cavaliers de la Gendarmerie nationale, à califourchon sur leurs chevaux ferment la marche, dans un concert de sabots qui allie grâce et rythme.
Dans la foule, les visages racontent mille émotions. Des enfants perchés sur les épaules de leurs parents agitent des drapelets, les yeux pétillants. Des anciens combattants, médailles au torse, observent en silence, visiblement émus. ”C’est une fierté”, lâche la gorge nouée, Issakha Keita, un militaire à la retraite.
Au terme du défilé, le président de la République prend la parole. Il salue une célébration ”belle et riche”, insistant sur le choix de Thiès, terre d’histoire et de résistance. Il rappelle le sens de la décentralisation de ces festivités : rapprocher la République de ses citoyens, partout sur le territoire.

Le thème de cette année, ”Forces de défense et de sécurité, partenaires des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ Dakar 2026)” rappelle le rôle important de celles-ci dans les préparatifs de ce rendez-vous sportif et culturel et la fierté de tout un pays qui hâte de l’accueillir du 31 octobre au 13 novembre novembre.
L’ordre et la discipline démontrées à travers ce défilé sont très rassurants pour le chef le chef de l’État quant à la capacité des Forces de défense et de sécurité à relever le défi de l’organisation.
Avant de quitter la tribune officielle, il adresse ses félicitations aux organisateurs, avec une mention spéciale au colonel Elhadji Oumar Faye de la zone militaire 7, pour la réussite de l’événement. Un satisfecit qui concerne toute la chaîne de commandement à commencer par le ministre des Forces armées Birame Diop, natif de Thiès, ville qui accueille la première des célébrations délocalisées sous l’ère Diomaye Faye.
Alors que les dernières notes de musique s’estompent et que la foule se disperse lentement, une impression demeure : celle d’un peuple uni, debout, fier de son passé et confiant en son avenir. À Thiès, le 4 avril n’a pas seulement été célébré, il a été vécu.
Depuis 1979, soit 47 ans après la dernière célébration délocalisée de l’indépendance, voilà que Thiès a encore accueilli toute la République pour célébrer l’indépendance du pays acquis il y a 66 ans.
La capitale du rail, berceau d’un des héros nationaux, damel Lat-Dior Ngoné Latyr Diop, est-il besoin de le rappeller, a joué un rôle déterminant dans les luttes syndicales et les combats politiques contre la décolonisation. Ce n’est donc que justice, estime son maire Babacar Diop, si la ville de Thiès, parée de ses plus beaux atours a accueilli la célébration du 66 anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.

MKB/ADI/MTN/ABB

