SENEGAL-AGRICULTURE-ENVIRONNEMENT
Dakar, 21 avr (APS) – Le maire de Latmingué (centre), Macoumba Diouf, a proposé, mardi, à Dakar, l’octroi préalable de nouvelles compétences aux collectivités territoriales, avant d’institutionnaliser l’agroécologie au Sénégal.
‘’Nous pensons qu’un certain nombre de mesures ou […] de recommandations pourraient être retenues pour les collectivités territoriales, si on veut arriver à l’institutionnalisation de l’agroécologie’’, a suggéré M. Diouf.
Il intervenait à la cinquième édition des Journées de l’agroécologie au Sénégal (JAES), organisée par la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal.
Macoumba Diouf, docteur en biologie et ancien directeur de l’horticulture, propose d’‘’ajouter l’agriculture aux compétences transférées aux collectivités territoriales’’, avant d’institutionnaliser l’agroécologie.
Transférer préalablement aux communes de nouvelles compétences, dont l’agriculture, revient à ‘’renforcer la légitimité’’ de cette catégorie de collectivités territoriales, d’après M. Diouf.
‘’De la vision à l’action : institutionnaliser l’agroécologie pour des systèmes alimentaires durables’’ est le thème des JAES 2026.
Le Sénégal a élaboré sa Stratégie nationale de transition agroécologique, a signalé le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, El Hadji Abdourahmane Diouf, lors de l’ouverture de cette rencontre de trois jours.
Valoriser les savoirs locaux et les innovations paysannes
‘’La deuxième recommandation que je voudrais faire est d’encourager la budgétisation, pour doter les collectivités territoriales de moyens d’action’’, a ajouté le maire de Latmingué, une commune située dans la région de Kaolack.
Macoumba Diouf représente l’Association des maires du Sénégal et le Réseau des villes et communes écologistes du Sénégal aux JAES 2026. Il propose aussi de former les maires et leurs administrés à la pratique de l’agroécologie.
‘’Je tiens à faire une dernière recommandation, celle de renforcer la responsabilité des élus, concernant la mise en œuvre des initiatives et mesures prises par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement’’ en faveur de l’agroécologie, a-t-il poursuivi.
‘’L’un des défis majeurs que nous devons relever est celui de la coordination. La fragmentation des initiatives […] limite leur impact’’, a prévenu El Hadji Abdourahmane Diouf.
La Stratégie nationale de transition agroécologique permettra d’‘’harmoniser’’ de nombreuses initiatives, celles de l’État, des collectivités territoriales et de la société civile, a assuré M. Diouf, en présence de son collègue chargé de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.
‘’La réussite de cette transition dépendra d’un principe essentiel : la territorialisation. Les transitions agroécologiques ne se décrètent pas, elles se construisent dans les terroirs, avec les producteurs agricoles, en valorisant les savoirs locaux, les innovations paysannes et les spécificités écologiques de chaque territoire’’, a-t-il souligné.
MFD/ESF

