Vers une feuille de route opérationnelle pour la mise en place du système de récépissé d’entrepôt de la filière maïs
Vers une feuille de route opérationnelle pour la mise en place du système de récépissé d’entrepôt de la filière maïs

SENEGAL-AGRICULTURE-LOGISTIQUE

Dakar, 28 oct (APS) – Le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a organisé mercredi, à Dakar, un atelier consacré à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle pour la mise en œuvre du système de récépissé d’entrepôt, destiné à faciliter le financement et la commercialisation de la production nationale de maïs.

Cette rencontre a réuni des producteurs, des représentants d’institutions financières, des industriels et des acteurs de la régulation autour des modalités de mise en œuvre de ce mécanisme pour les coopératives engagées dans le programme “Grenier du maïs”.

Elle vise en outre, dans le court terme, la mise en place des dispositifs et actions nécessaires pour une utilisation du système de récépissé d’entrepôt au cours de la campagne de commercialisation 2026 2027.

“J’attends donc que l’on travaille sur une feuille de route opérationnelle avec des engagements précis, des responsabilités pleinement définies, des objectifs partagés et des modalités de suivi”, a déclaré le directeur de l’Organe de régulation des systèmes de récépissé d’entrepôts (ORSRE), Issa Wade.

“Le développement de notre agriculture ne dépend pas seulement de notre capacité à produire, mais aussi de notre aptitude à financer, à conserver et à commercialiser nos productions”, a poursuivi M. Wade.

Selon lui, le système de récépissé d’entrepôt permet aux producteurs et aux coopératives de déposer leurs récoltes dans des entrepôts agréés, où les stocks sont contrôlés et conservés suivant les exigences de qualité.

Ainsi, a-t-il ajouté, le récépissé délivré peut ensuite servir de garantie pour obtenir un financement auprès des institutions financières.

“Le producteur dispose ainsi de liquidités sans avoir à céder sa récolte et peut commercialiser au moment choisi, selon les opportunités du marché et les engagements de ses acheteurs”, a expliqué le directeur de l’ORSRE.

Le récépissé d’entrepôt “n’est donc pas un simple mécanisme de stockage. C’est un instrument de financement et de circulation des chaînes de valeur agricoles”, a-t-il soutenu.

Le programme “Grenier du maïs”, déployé en 2026 dans cinq régions avec 14 coopératives et près de 3 200 hectares emblavés, a posé les bases de la production.

“L’enjeu est désormais de sécuriser la commercialisation, d’améliorer les conditions de vente et de garantir autant que possible le remboursement des financements mobilisés”, a indiqué Issa Wade.

“Nous devons travailler avec la Banque agricole et les autres institutions financières à réduire les délais de financement et à rendre les procédures plus prévisibles”, a indiqué Issa Wade.

Il a également appelé les industriels et les minotiers à renforcer leurs engagements d’achat afin de donner davantage de visibilité aux producteurs et aux coopératives.

“Une filière ne se décrète pas depuis un ministère. Elle se construit entre ceux qui produisent, ceux qui financent et ceux qui transforment”, a déclaré le conseiller technique du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Ibrahima Athie.

Selon lui, le programme “Grenier du maïs” a été conçu pour prendre en compte l’ensemble de la chaîne de valeur, de la semence à la commercialisation, en passant par le conseil agricole, le financement, la récolte et le stockage.

Ibrahima Athie a également insisté sur la nécessité de réduire la dépendance du Sénégal aux importations de maïs, “non pas en fermant nos frontières, mais en produisant mieux, en quantité suffisante et à des coûts qui tiennent la compétition”, a-t-il affirmé.

“Si le producteur est contraint de vendre dans l’urgence, si la coopérative n’a pas les moyens de collecter au moment de la récolte, si le crédit de campagne n’est pas disponible, alors nous aurons réussi une saison agricole, mais manqué les réformes”, a-t-il relevé, en évoquant le système de récépissé d’entrepôt. 

Les deux responsables ont ainsi insisté sur la nécessité d’une collaboration entre les producteurs, les coopératives, les institutions financières, les industriels et les pouvoirs publics pour assurer l’efficacité du système de récépissé d’entrepôt, mais aussi contribuer au renforcement de la souveraineté alimentaire du Sénégal.

TAB/BK